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Listen to Projet_itv-PatriciaMarinhoEstelle by Estelle Poidevin MP3 song. Projet_itv-PatriciaMarinhoEstelle song from Estelle Poidevin is available on Audio.com. The duration of song is 28:28. This high-quality MP3 track has 964.066 kbps bitrate and was uploaded on 5 Apr 2024. Stream and download Projet_itv-PatriciaMarinhoEstelle by Estelle Poidevin for free on Audio.com â your ultimate destination for MP3 music.










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Rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeith gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn yn gweithio'n fawr iawn, ond rwy'n gobeithio y byddwn et par consĂ©quent, nous aussi, ma soeur et moi, on venait toujours et on a des trĂšs bons souvenirs de toute cette pĂ©riode qu'on a vĂ©cue entre les deux pays. C'est lĂ oĂč vous avez appris le français ? J'ai appris Ă l'Ă©cole parce que c'Ă©tait une Ă©cole de soeurs françaises et la littĂ©rature française aussi m'a donnĂ© beaucoup de vocabulaire et pendant mes Ă©tudes Ă la fac, je suis venue Ă Paris, je passais une annĂ©e. Parce que comme votre pĂšre, vous avez fait des Ă©tudes d'architecture et peut-ĂȘtre d'urbanisme ? A Paris, bon, entre Paris et Rio, alors que pendant une annĂ©e, c'Ă©tait cette merveilleuse expĂ©rience pour moi. J'ai un peu suivi ses pas parce que quand NoĂ«l avait 25 ans, il a fini la fac, lui et un ami, ils sont partis en Europe et ils sont passĂ©s une annĂ©e Ă Ă©tudier en SuĂšde, en Estocolme. Et aprĂšs cette annĂ©e, ils ont aussi passĂ© une annĂ©e entre la France et l'Italie. Et en ce moment, il a connu des grands architectes, il a eu un contact exceptionnel avec le monde de l'architecture moderne de cette Ă©poque. Vous avez en tĂȘte, comme ça, quelques noms d'architectes, soit italiens, soit français, soit suĂ©dois, avec lesquels il a travaillĂ© ou avec lesquels il est devenu proche ou simplement ami ? Oui, oui, c'Ă©tait d'abord un italien qui s'appelle Ernesto Rogers et lui, il Ă©tait entre les grands pensĂ©s de l'architecture moderne avec Le Corbusier. Le Corbusier, il avait GĂ©dion, il avait Gropius, etc. Et Rogers, lui, a proposĂ© d'aller au CIAM, c'est le Concret International d'Architecture Moderne. En 1953, je prĂ©cise. VoilĂ , merci. En 1953, et lĂ , il Ă©tait Ă cĂŽtĂ© de Corbusier, de Gropius, il connaissait dĂ©jĂ tout ce monde de l'architecture alors qu'il Ă©tait vraiment ravi de cette expĂ©rience. Comment il vous parlait de son mĂ©tier quand vous Ă©tiez petite ? Qu'est-ce qu'il vous a transmis ? Bon, je crois que cette Ă©poque des annĂ©es 50-60, c'Ă©tait vraiment prĂ©sent pendant toute sa vie parce qu'il n'Ă©tait pas tellement fier, mais c'Ă©tait la base qui a suivi pendant sa vie professionnelle jusqu'au moment qu'il est parti. Comment il vous parlait de son mĂ©tier ? Lui, il Ă©tait une personne trĂšs ouverte et il parlait de tout. Il Ă©tait trĂšs crevieux aussi alors qu'on parlait de cinĂ©ma, d'architecture et voyages qu'ils adoraient, mes parents. C'Ă©tait une vie. J'ai une sĆur et on Ă©tait tous les quatre, tous les soirs, Ă discuter pas mal de choses et on puse des politiques aussi un peu. Aussi, de temps en temps, on allait avec lui dans ses chantiers. Plus moi, pas ma sĆur. On travaillait ensemble dans le mĂȘme cabinet. Je prĂ©cise que Manuel Colla, vous travaillez de façon trĂšs, trĂšs proche avec Patricia, donc vous vous intervenez de temps en temps. Et avec NoĂ«l aussi. Oui, bien sĂ»r. Lorsqu'on a tous dĂ©cidĂ© de lancer une marque NoĂ«l Marigno avec tous les dessins qu'il avait stockĂ©s depuis des annĂ©es, depuis les annĂ©es 50. Et puis, ces nouveaux dessins Ă partir complĂštement contemporains, au moment oĂč on a dĂ©cidĂ© de faire un parcours. Je voudrais quand mĂȘme revenir sur une chose avant parce que le parcours de NoĂ«l Marigno est quand mĂȘme trĂšs riche. Je le disais en introduction, il a cĂŽtoyĂ© Oscar Niemeyer. Je crois qu'il a rejoint son Ă©quipe en 1957. Et vous parliez Ă©galement de politique. On sait qu'Oscar Niemeyer Ă©tait trĂšs proche du Parti communiste. Est-ce que vous pourriez nous raconter cette pĂ©riode qui a dĂ» ĂȘtre vraiment importante pour lui ? Oui, vraiment. Depuis qu'il est rentrĂ© de cette expĂ©rience pendant deux ans en Europe, il avait vraiment envie de mettre tout en pratique. Et alors, il avait dĂ©jĂ fait un stage avec Lucio Costa qui est l'urbaniste et qui a fait les grands plans de Brasilia. Et Ă cette Ă©poque, lui et ses amis qui Ă©taient justement avec lui en Europe, ils Ă©taient les premiers Ă ĂȘtre invitĂ©s pour joindre cette Ă©norme expĂ©rience. C'Ă©tait un travail qui a durĂ© pendant cinq ans de construire une ville. Donc, pour lui, il Ă©tait trĂšs fier pendant toute sa vie parce que c'est un moment trĂšs important de l'architecture moderne brĂ©silienne. Et il Ă©tait Ă cĂŽtĂ© de Niemeyer, Lucio Costa pendant tout ce temps. Et aprĂšs ça, il avait mĂȘme une invitation pour rester Ă Brasilia, mais ils sont rentrĂ©s, ils ont ouvert son propre cabinet en 1961. Quelle Ă©tait la contribution de NoĂ«l Marigno Ă Brasilia ? Est-ce que vous avez des infos lĂ -dessus ? Il vous en parlait ? Oui, il me parlait. Vous pouvez imaginer construire une ville au milieu de n'importe quoi parce que c'Ă©tait la terre, les montagnes, il n'y avait rien du tout. Ils Ă©taient lĂ , ils prenaient des avions et on arrivait dans un chantier, c'Ă©tait une folie. Il y avait beaucoup de personnes qui travaillaient 15 jours Ă Brasilia, 15 jours dans l'agence de Niemeyer, l'Ă©quipe Ă Rio. Et pendant cinq ans, c'Ă©tait des allers-retours complĂštement fous. Vous pouvez imaginer faire bĂątir une ville d'une telle importance parce que maintenant, c'est la ville oĂč ils ont tous les ministĂšres, le prĂ©sident de la RĂ©publique, tout ça. Et il me parlait toujours de cette expĂ©rience. C'est lĂ oĂč il a appris Ă conduire et il avait du mal aprĂšs parce que c'Ă©tait la terre, il n'y avait rien. Il y avait des embouteillages, des expĂ©riences. Il Ă©tait content du rĂ©sultat aussi. Il Ă©tait content de cette architecture trĂšs moderne. Oui, trĂšs fier. Il me racontait une chose trĂšs drĂŽle Ă l'Ă©poque de la fac, de la facultĂ©, parce qu'il y avait un groupe d'Ă©tudiants qui Ă©taient plus conservateurs et qui faisaient encore de l'architecture postcoloniale. Et mon pĂšre, dĂ©jĂ Ă l'Ă©poque, il parlait tout le temps de l'Ă©corbusier. J'ai des carnets de lui incroyables. Il faisait des petits dessins. Il Ă©tait dĂ©jĂ trĂšs attachĂ©. Pour lui, c'Ă©tait sĂ»r que c'Ă©tait l'architecture moderniste. C'Ă©tait son chemin dĂ©jĂ . Il Ă©tait Ă l'Ă©cole en 1947, 1948 Ă peu prĂšs. La rupture technique, c'est que le bĂątiment n'est pas portĂ© par les murs extĂ©rieurs, par les façades et les cĂŽtĂ©s. Il est portĂ© par des piliers Ă l'intĂ©rieur. Et donc, ça libĂšre complĂštement les volumes et les plans pour tracer Ă la fois des pots, mettre des vitres Ă l'extĂ©rieur, se servir de l'acier, etc. Toute l'architecture de cette pĂ©riode conduite dans d'autres pays par d'autres grands designers. Je pense Ă Mies van der Rohe. VoilĂ . Tout ce monde-lĂ issu et qui a trempĂ©, qui a partagĂ© les idĂ©es du Bauhaus. Oui. Il y a un moment trĂšs important au BrĂ©sil. C'est que le Corbusier, il Ă©tait invitĂ© pour faire un grand projet. C'Ă©tait Iconic. Iconic. Iconic. C'est le ministĂšre de l'Ăducation Ă l'Ă©poque de santĂ©. Alors que lĂ , le Corbusier a travaillĂ© avec Lucio Coste et Niemeyer. LĂ , ils Ă©taient trĂšs jeunes. Ils ont fait une belle adaptation de cette architecture au notre climat. Un autre climat parce qu'on a plutĂŽt la chaleur toute l'annĂ©e et les vents et tout ça. Et tout ça, c'Ă©tait pour la formation d'un architecte un moment le plus important de ce virage d'une architecture plus du passĂ©. Et c'est que l'architecture a l'avenir. Et vous vous souvenez qu'il avait derriĂšre ça un engagement politique comme les autres ? Est-ce qu'il partageait avec vous ? Oui, oui, oui. Et lui, il dessinait trĂšs, trĂšs bien. Alors, c'est lui qui prĂ©parait les affiches pour les manifs. Ah, d'accord. Les manifs de ? Des Ă©tudiants parce qu'Ă cette Ă©poque-lĂ , les Ă©tudiants, vraiment, ils portaient des amis. Ils allaient voir parce qu'ils n'existaient pas Ă Brasilia, la capitale de BrĂ©sil. C'Ă©tait Ă Rio. Alors, les prĂ©sidents, les ministĂšres et tout ça. Alors que tout se passait, il Ă©tait trĂšs engagĂ© dans toute cette histoire. Et quand la dictature est venue, il a eu des problĂšmes et il Ă©tait mĂȘme mis en prison. Heureusement que ma mĂšre... Moi, j'Ă©tais trĂšs, trĂšs petite alors que je n'ai aucun souvenir. Seulement la peur que ma mĂšre m'a transmise en ce moment-lĂ parce que, heureusement, elle connaissait un gĂ©nĂ©ral de la rĂ©volution qui Ă©tait trĂšs attachĂ© Ă elle alors que c'est lui qui... Alors que sinon, on ne serait pas lĂ pour vous raconter toutes ces histoires. Donc, trĂšs engagĂ© quand mĂȘme. Un architecte trĂšs engagĂ©. Ah oui. Toute sa vie. Sur le travail de votre pĂšre en tant qu'architecte, Ă©videmment, j'imagine que c'est un travail collectif. Donc, il n'y a pas de signature. Son nom n'est pas posĂ© sur un bĂątiment ou est-ce qu'il y a un bĂątiment que vous nous inviteriez Ă regarder, soit sur Internet, soit dans un livre, sur ce qui reprĂ©senterait mieux son geste d'architecte ? Oui. Bon, NoĂ«l, il Ă©tait vraiment un architecte de cette Ă©poque quand il a connu Rodgers, Ernesto Rodgers. Rodgers, il a Ă©crit un slogan, c'Ă©tait « de la cuillĂšre Ă la citĂ© ». Et lui, il Ă©tait vraiment un architecte designer aussi. C'est ça. Il aimait bien mĂȘme des petits dessins comme des bijoux qu'il dessinait pour ma mĂšre et des chaises, des carrelages et aussi des maisons particuliĂšres et des bĂątiments. Alors qu'il a travaillĂ© dans tous ses mĂ©tiers parce qu'il Ă©tait curieux, il Ă©tait un type qui a vraiment travaillĂ© Ă©normĂ©ment jusqu'au fond. TrĂšs vertical dans sa dĂ©marche, oui. C'est quelque chose qui ressort au trait quand on interview comme ça, quand on regarde le passĂ© du XXe siĂšcle, de ces grandes Ă©poques de gloire du XXe siĂšcle. Effectivement, on se rend compte que les architectes Ă©taient Ă la fois architectes, architectes d'intĂ©rieur, designers. Qu'ils s'intĂ©ressaient Ă l'art, qu'ils Ă©taient capables de dessiner une plainte, une prise, une applique comme un bĂątiment entier. Mies van der Rohe disait « faire un bĂątiment, c'est simple, faire une chaise, c'est compliquĂ© ». Tout Ă fait d'accord. Est-ce qu'aujourd'hui vous inscrivez votre pĂšre avec ce talent-lĂ de dessiner aussi bien un petit objet qu'un bĂątiment de A Ă Z ? Et vous, est-ce qu'aujourd'hui vous parvenez Ă vous inscrire dans ce fil-lĂ ? Oui, c'est vrai. Bon, moi, quand j'ai commencĂ© l'universitĂ©, mon pĂšre qui connaissait tous les grands architectes Ă Rio, il pouvait m'excuser. Alors, tu peux travailler dans l'urbanisme, le paysagisme. Et moi, j'ai dĂ©cidĂ© que j'aime bien l'Ă©chelle du mobilier de l'intĂ©rieur. Alors, on travaillait trĂšs bien ensemble parce que lui, il aimait aussi dessiner les grands espaces. Alors qu'on a, oui, une trĂšs belle maison Ă Sao Paulo et c'Ă©tait une pĂ©riode de 5 ans qu'ils ont travaillĂ© avec lui. Il a travaillĂ© avec ce couple de jeunes qui voulaient une maison d'un trĂšs moderniste. C'Ă©tait ses clients, c'est ça ? Ses clients. Et pour moi, c'est aussi trĂšs iconique parce que lui, il a dessinĂ© une maison faite pour ce couple. C'est une maison incroyable, plus de 1 000 mÂČ avec tous les dĂ©tails dedans. Et moi, j'ai eu l'occasion de faire l'intĂ©rieur et aussi le mobilier, la dĂ©co. D'accord. Et vous avez trouvĂ© votre vocation Ă ce moment-lĂ ? Vous vous ĂȘtes sentie plus proche du travail, entre guillemets, de l'architecte d'intĂ©rieur en fait ? Oui, et pour le designer aussi. Et pour le designer. Et lui, il Ă©tait un homme trĂšs doux, alors tout, alors qu'il disait, ah bon, d'accord. Il Ă©tait d'accord avec tout. Alors j'ai dit non, il m'imposait rien du tout. Ah oui, ce n'est pas le corbusier, quoi. Ah non, ah non, non, non. Et il adorait travailler. On a une agence, on a des architectes trĂšs jeunes. Il adorait, tu vois, les gens aussi, parce qu'il Ă©tait marrant. Son esprit Ă©tait toujours trĂšs moderne et trĂšs ouvert, alors qu'il a travaillĂ© jusqu'au dernier jour. Il avait plein de choses Ă raconter, Ă dessiner, Ă dĂ©crire. Mais il Ă©tait un homme trĂšs heureux. Heureux. Vous l'avez rejoint en 1985, c'est ça ? Oui, l'agence, oui. Parce que moi, j'Ă©tais Ă la fac, je suis venue ici et j'ai travaillĂ© aussi avec un architecte dans un cabinet avant de le rejoindre. Vous, aujourd'hui, dans votre travail, ce cĂŽtĂ© dessiner un objet, vous essayez de le continuer ou c'est quelque chose que vous avez dĂ©lĂ©guĂ© Ă des designers quand vous prenez un projet pour un client ? Jusqu'oĂč vous allez dans la proposition que vous faites ? J'ai aussi mes propres idĂ©es, bien sĂ»r. Heureusement, il Ă©tait fier que je pourrais avoir mes idĂ©es. Ce n'est pas seulement ĂȘtre Ă l'ordre de lui. Ăa, il m'a toujours permis de faire mon propre design, etc. Mais Ă la fin, c'Ă©tait tellement agrĂ©able qu'on pouvait dessiner ensemble. Ăa, j'ai des petits carnets, on discutait beaucoup sur ce sujet parce qu'il Ă©tait veuf et pendant dix ans, il Ă©tait seul et moi et ma soeur, on s'occupait beaucoup de lui parce que ma mĂšre, elle Ă©tait une femme aussi trĂšs prĂ©sente. Alors que nous, on Ă©tait lĂ , tout le temps, je lui disais, il faut recommencer, reprendre ses dessins des annĂ©es 50, 60, 70, 80. Et ça, pour lui, ça donnait beaucoup de joie pour ces dix ans qu'il Ă©tait tout seul et qu'il travaillait de temps en temps. Il ne m'appelait pas. Je lui disais, papa, mais tu es lĂ ? Tu es encore vivant ? Il avait un chien, il restait tout le temps, il s'occupait de son chien, il dessinait, il dessinait. Et nous, Manu et moi, on arrivait lundi matin Ă l'agence, on avait plein de dessins. Tous les dessins que NoĂ«l nous a laissĂ©s, Ă ses filles plus particuliĂšrement, qui sont donc classĂ©s, stockĂ©s Ă l'agence. Et donc, on a commencĂ© Ă commercialiser ces panneaux de cĂ©ramique que NoĂ«l rĂ©servait en fait Ă ses projets privĂ©s. Il Ă©tait un homme assez humble, donc Ă l'Ă©go pas dĂ©mesurĂ©. Donc, il ne s'est peut-ĂȘtre jamais projetĂ© en se disant, je vais vendre mes panneaux de cĂ©ramique. Et donc, on a commencĂ© par ça avec lui. Et puis, il avait aussi dessinĂ© des tapis Ă partir justement de ces formes gĂ©omĂ©triques. Et on s'est lancĂ© dans l'aventure des tapis d'abord au BrĂ©sil. Et puis, de fil en aiguille, on s'est dit qu'il Ă©tait quand mĂȘme important qu'on ait un fabricant Ă l'extĂ©rieur avec un savoir-faire reconnu. Hors du BrĂ©sil, j'entends Ă l'extĂ©rieur. Pour des raisons aussi de logistique, de marchĂ© aussi puisque les matiĂšres ne sont pas les mĂȘmes selon les marchĂ©s. Au BrĂ©sil, on prĂ©fĂšre le synthĂ©tique qui est anti-acarien, anti-moisissu, etc. En France, par exemple, et peut-ĂȘtre aux Etats-Unis, on aime la laine qu'on ne sait pas vraiment qui c'est au BrĂ©sil. Donc, « Tout le monde bochard », c'est vraiment un nom qui s'est imposĂ© comme une Ă©vidence par le maĂźtrise des savoir-faire, la maĂźtrise de la chaĂźne de production, de commercialisation. Et j'avoue qu'on a eu un accueil formidable d'emblĂ©e d'Anne Sebaoum qui a regardĂ© quelques dessins que nous avions. On a lancĂ© un livre aussi sur la trajectoire de NoĂ«l-Marie en 2019. Il est en anglais. Il est bilingue Ă portugais et Ă anglais. « Tout le monde bochard » est une marque qui travaille pas mal avec des designers Ă©trangers qui aiment bien voyager aussi. Donc, vraiment, l'accueil a Ă©tĂ© un peu plus agrĂ©able et un peu plus immĂ©diat finalement. On va chercher des grands noms du passĂ©. Donc, votre papa, Patricien, et puis AndrĂ© Poutman. Ă votre avis, est-ce que cela dit que ces grands noms du passĂ© sont plus forts que la gĂ©nĂ©ration actuelle ? Comment vous interprĂ©tez ça ? Je pense que le temps, il va nous dire qu'est-ce que ça va nous rester de notre Ă©poque Ă l'avenir. Je pense que maintenant, c'est trĂšs important qu'on a un regard. Parce que ce n'est pas copiĂ©, mais c'est continuĂ©. C'est comme un fil. C'est l'histoire du design, bien sĂ»r. C'est pas interrompu. Ce n'est pas une copie, oui. VoilĂ . Une rĂ©interprĂ©tation. C'est vrai que l'architecture moderne du XXe siĂšcle, quand Le Corbusier a pensĂ© toutes ces idĂ©es et tout ça, c'Ă©tait vraiment un grand moment du monde, de l'histoire de l'architecture. Et on s'aperçut qu'il y a quelques mouvements qui ont augmentĂ©, par exemple, le post-modernisme. Vraiment, ça descend un peu. Mais lĂ , on prend la qualitĂ© de chaque mouvement, de chaque groupe et de chaque pays. Parce qu'on a aussi notre tradition, comme dans toutes les civilisations du monde. Alors, ce filtre, il est trĂšs important. Et je crois que pendant les annĂ©es, on va revoir des gens de la fin du siĂšcle passĂ©. Et c'est trĂšs intĂ©ressant pour moi, ces mouvements. Je pense qu'il y a un cĂŽtĂ© aussi rassurant. On sent que la tendance, c'est d'avoir des rĂ©fĂ©rences. C'est peut-ĂȘtre cet aspect-lĂ aussi. Oui, donc tout. C'est la mode. Ce n'est pas seulement dans l'architecture, mĂȘme dans la cuisine. La gastronomie, vous voyez, on est en train de dĂ©couvrir toujours des choses. Est-ce que vous vous sentez en phase aujourd'hui avec la crĂ©ation, les crĂ©ateurs d'aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a des gens ? Est-ce que vous aussi, vous avez un collectif ? Est-ce que vous avez des amis qui font la mĂȘme chose que vous, soit au BrĂ©sil, soit ailleurs ? Et est-ce qu'il y a un Ă©change comme votre papa le faisait avec d'autres disciplines ou avec des pĂšres ? Oui, je crois qu'au BrĂ©sil, ça devient aussi assez fort, cette histoire de design. Parce qu'ici, en Europe, ça date dĂ©jĂ depuis trĂšs longtemps. Les annĂ©es 1900 et tout ça, tellement sont modernes. Et on voit alors que le BrĂ©sil, il commence Ă prendre beaucoup de choses. Moi, je suis trĂšs attachĂ©e au bois parce qu'on a un corps, c'est une matiĂšre tellement agrĂ©able de toucher, de dĂ©velopper. Et aussi, c'est dommage qu'on n'a pas la possibilitĂ© parce que c'est cher aussi de crĂ©er des choses plus compliquĂ©es. Ăa commence dĂ©jĂ au BrĂ©sil, le 3D par exemple, alors que c'est un monde Ă l'avenir. Il y a plein de possibilitĂ©s, encore pas mal de choses Ă crĂ©er. Le BrĂ©sil est trĂšs connu pour ĂȘtre trĂšs fort dans la rĂ©utilisation et le rĂ©emploi des matĂ©riaux. Est-ce que c'est toujours ce qui se passe aujourd'hui en 2023 au BrĂ©sil ou est-ce que les crĂ©ateurs brĂ©siliens sont passĂ©s Ă autre chose ? Je crois qu'il a une pensĂ©e pour l'Ă©cologie, les forĂȘts, les ressources. MĂȘme l'eau, on fait beaucoup d'attention Ă tous ces sujets. Et ça commence Ă chaque fois Ă ĂȘtre plus fort parce que comme le BrĂ©sil, c'est un pays trĂšs grand et avec plein de possibilitĂ©s, les gens de temps en temps ne font pas attention Ă la poubelle par exemple, Ă rĂ©citer les matĂ©riaux. Mais ça doit commencer Ă l'Ă©cole, l'Ă©ducation. C'est trĂšs important et je crois qu'on est lĂ pour Ă©duquer les nouvelles gĂ©nĂ©rations. Merci beaucoup Patricia et merci surtout d'avoir parlĂ© en français, ce qui n'est pas toujours Ă©vident. Pour moi, c'est un plaisir. On a une tradition au TrĂšs, c'est de vous demander ce que reprĂ©sente pour vous le TrĂšs par un dessin, par quelques mots, par une Ă©criture. Donc on vous pose la question ou simplement vous nous Ă©crivez quelque chose dans le cahier. Vous Ă©crivez quelque chose ? TrĂšs bien. Merci beaucoup. Merci Manuela Ă©galement. C'est un plaisir. Et bon retour au BrĂ©sil. Merci Ă toutes les deux. Merci Ă vous, c'est un grand plaisir. Merci beaucoup.
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