

LECTURE Mercredi 3 juillet 2024 Ć 17h30, Studio, rdc de la Maison Jean Vilar Ć Avignon.
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During the 78th edition of the Avignon Festival, there is a meeting with Serge Refani, who will be reading his unpublished play. Serge is known for his many talents, including painting, writing theater, and composing songs. The play he will be reading tonight is inspired by his previous work called "Capitaine Shell, Capitaine Esso." Serge has a deep connection with Avignon, as he was part of the creation of Théâtre Ouvert in 1971. The play is about retired English couple Jim and Molly, who have recently moved to a small village in Provence. They get caught up in the language and culture of their new surroundings, with humorous misunderstandings and miscommunications. Joe, their contractor, plays a role in the confusion by mixing up the names of their property "l'oeuvre" (the work) and "vĆ©lo" (bicycle) on the ceramic tiles he is installing. The play explores themes of assimilation, Dans le cadre de la 78e Ć©dition du Festival d'Avignon, vous retrouvez tout de suite sur l'Ć©cole des planches, une rencontre proposĆ©e par la maison Jean Villard et ses partenaires. Bonjour, j'ai le privilĆØge de prĆ©senter Serge Refani. Il y a dans la salle de grands amis de Serge qu'il le prĆ©senterait probablement mieux que moi ou autrement. C'est une maniĆØre de dire aussi que Serge, comme Ƨa, si je pense Ć Serge, je pense Ć tous ses amis. Je pense que tu es vraiment quelqu'un qui a beaucoup d'amis et des amis extrĆŖmement fidĆØles et qui sont toujours avec toi, prĆØs de toi et c'est formidable. C'est pour cela que Claire David est lĆ , ton Ć©ditrice, et qu'elle a pensĆ© Ć cette lecture ici. Maison Jean Villard, je remercie la maison Jean Villard de te t'accueillir. Helena Noguera est lĆ . Et puis ton amie des Canards EnchaĆ®nĆ©s, mais on ne se connaĆ®t pas. Mais bon, parce que les amis des amis sont toujours les amis avec Serge. Alors vous dire simplement que vous avez le privilĆØge d'entendre une piĆØce absolument inĆ©dite de Serge qu'il vient d'Ć©crire, qu'il prĆ©fĆØre qu'il veut jouer lui-mĆŖme en faisant tous les rĆ“les. Vous pourrez lui poser des questions aprĆØs cette lecture. En fait, le projet de Serge, c'est quand mĆŖme que Ƨa soit mis en scĆØne et montĆ© au théâtre et jouĆ©. Mais pour l'instant, c'est quand mĆŖme une lecture par toi. Et Serge aime beaucoup lire ses propres textes. Serge a un vrai rapport particulier Ć la langue et Ć la construction et la dĆ©construction de la langue depuis toujours. Et cette piĆØce-lĆ fait une sorte d'Ć©cho avec une piĆØce que peut-ĆŖtre certains d'entre vous ont vue qui s'appelait Capitaine Shell, Capitaine Esso. Et donc Serge renoue avec ses 30 ans avec cette piĆØce inĆ©dite ce soir. Et l'histoire d'Avignon est marquĆ©e aussi par la prĆ©sence de Serge. Bon, nous Ć©tions avec toi l'annĆ©e derniĆØre au MusĆ©e Calvet pour une trĆØs belle soirĆ©e. Mais quand mĆŖme en 71, Théâtre Ouvert que vous connaissez s'est ouvert avec Serge, avec le Pan du Drador et avec Jean-Pierre Vincent. Et donc la crĆ©ation de Théâtre Ouvert est passĆ©e par Serge et par Avignon. Et c'Ć©tait Avignon en 71. Donc ton lien est profond avec Avignon. Serge dit toujours qu'il est un artiste, moi j'adore ce terme, indisciplinaire. J'adore Ƨa. Non ? Pluri-indisciplinaire. MĆŖme pluri-indisciplinaire. J'en Ć©tais restĆ© Ć indisciplinaire. Comme vous le savez, il est peintre, il Ć©crit de théâtre, il a Ć©crit de trĆØs trĆØs nombreux romans. Et Ć©videmment, Serge a semĆ© dans notre mĆ©moire collective et dans nos vies, puisque nous connaissons tous et toutes, Ć©videmment, les chansons. Certaines les plus cĆ©lĆØbres, Ć©videmment, comme Le Tourbillon de la Vie ou Ma Ligne de Grange. Elena les chante magnifiquement. Et d'ailleurs, je pensais à ça, c'est qu'en fait, tu es toujours rĆ©guliĆØrement chantĆ©. Je crois que c'est un tel plaisir de chanter tes chansons qu'elles sont toujours vivantes. Et par ailleurs, c'est vrai qu'on les connaĆ®t, mais il y en a beaucoup qu'on ne connaĆ®t pas et qui ont Ć©tĆ© publiĆ©es. Je voudrais vous le signaler dans le recueil qui s'appelle Les chansons silencieuses, publiĆ© par Philippe Rey. Et lĆ , vous avez l'intĆ©gralitĆ© des chansons qui sont comme des poĆØmes, en fait. VoilĆ . Je ne vais pas vous en dire beaucoup plus. Ća suffit, je pense. Vous avez envie d'entendre Serge, surtout. Donc Serge qui lit, seul, sa toute derniĆØre crĆ©ation. VoilĆ . Bon, bonjour. Merci. Bon, merci Ć tous les courageux qui sont venus. Mais est-ce que le son est bon, lĆ ? J'ai pas de retour, presque. Ća va ? D'accord. Bon, le titre, il y a une taupe dans le motif. En fait, j'avais Ć©crit une nouvelle qui est apparue Ć l'IbĆ©e il y a 100 ans, ou 80 ou 50, je ne sais plus. Et par hasard, je suis retombĆ© dessus et je l'ai trouvĆ© tellement... C'Ć©tait une piĆØce de théâtre qui Ć©tait dĆ©jĆ Ć©crite, presque. VoilĆ . C'est sur les rĆ©sidences secondaires et sur la fin de vie. VoilĆ , en gros. Alors. Pendant les deux ans que dura l'amĆ©nagement de Love, ainsi baptisĆØrent-ils Ć l'anglais leur petite propriĆ©tĆ© provenƧale, les McFarlane ne remarquĆØrent rien. Pourtant, l'amalgame de dĆ©chets qui entourait le cabanon de la vieille Marthe se voyait de partout. Mais trop occupĆ©s par les dĆ©lices de leurs soucis et les soucis de leur installation, Jim et Molly n'y avaient pas spĆ©cialement prĆŖtĆ© attention. Non, ils ne voyaient pas le tas d'Ć©paves qui enrobaient le cabanon de Marthe leur voisine. Alors, il y a Jim, leur retraitĆ© anglais, Molly, sa femme retraitĆ©e anglaise, et se travestissant Ć l'occasion... Je pense Ć ce moment-ci. C'est jamais montĆ© au théâtre. Les bourses sont trĆØs serrĆ©es, donc je n'ai mis que deux principaux comĆ©diens. et un frĆ©goli qui fera femme et homme Ć mesure, et qui pourrait mĆŖme s'Ć©changer. Alors, se travestissant Ć l'occasion de ces interventions, celui ou traversit en selle que joue le frĆ©goli troisiĆØme comĆ©dien, c'est-Ć -dire un maƧon, le maire, la prĆ©posĆ©e Ć la culture, la bibliothĆ©caire municipale, le pompier chef, Mao Godot le curĆ©, l'assistante sociale chef et le vĆ©tĆ©rinaire chef. Pour dĆ©cor, un masque provenƧal enjolivĆ© Ć l'anglaise avec une baie vitrĆ©e amovible donnant sur la nature. Comme bien des anglais retraitĆ©s en terre Ć©trangĆØre, les McFarlane avaient fait le vÅu absolu et rĆ©vocable de s'assimiler aux franƧais par la langue, de ne parler non seulement le franƧais avec les franƧais mais surtout dans leur intimitĆ©. D'autre part, ils adoraient distribuer les sobriquets, ce qui est vrai, j'ai vĆ©cu dans le Midi, les sobriquets aux diffĆ©rents habitants de la petite commune où ils avaient leurs lovelets et lieux de retraite. Ils en alimentaient leur humour typiquement anglais. Ainsi, au fil des mois, le village et ses environs s'Ć©taient peuplĆ©s d'une amusante population aux noms tellement comiques que Jim et Molly s'en esclavaient secrĆØtement quand, imperturbables, ils croisaient Joe, leur maƧon, qu'ils nommĆØrent entre eux Jock l'Ć©ventraille parce qu'il se fit une hernie en charriant les parpaings et les sacs de plĆ¢tre de leurs travaux, ou Docteur Vortel, le maire du village, ou Mademoiselle Godot-Loyot, le curĆ© qui dĆ©jĆ s'exouaille dĆ©signĆ© par Mao Godot, ou bien encore Toute Feuille, Toute Flamme, le pompier-chef, ou bien encore Mademoiselle Piculturelle, la bibliothĆ©caire, prĆ©posĆ©e Ć la culture du village, etc. Donc vraiment un rapport au pays trĆØs ironique en mĆŖme temps et avec beaucoup d'amour quand mĆŖme. Premier tableau. Le matin, chez les McFarlane, devant leur mas, maƧonnaient des carreaux de cĆ©ramique offrant le nom de la propriĆ©tĆ©, et il y a des carreaux avec le chĆ¢teau VĆ©lo. Entre Jim et Molly, ils dĆ©couvrent avec stupĆ©faction les carreaux maƧonnĆ©s sur le mur. Jim, mais Molly, que je voyais ! Molly, quoi tu voyais, Jim ? Mais Molly, notre Jock l'Ć©ventraille, il avait montĆ© complĆØtement Ć travers l'ovre en vĆ©lo, non ? Molly, mais tu as raison, Jim, c'est bien franƧais, Ƨa ! VĆ©lo, quelle folie ! VĆ©lo, je rĆŖvais ! Jim, vĆ©lo ? Mais il est complĆØtement folle, notre Jock l'Ć©ventraille, non ? Mais comment il m'a montĆ©, je sais comment il le disait en franƧais ? Molly, il disait carraoule et cĆ©ramique, Jim. Je tĆ©lĆ©phonais tout de suite Ć Jock l'Ć©ventraille, sortant son tĆ©lĆ©phone. Allo, madame Joseph, je voudrais juste parler Ć monsieur Joe. Bien, j'attendais, Ć Molly. Elle va arriver, vĆ©lo, c'est complĆØtement franƧais, vĆ©lo, mais quelle idĆ©e, non ? Molly, oh, Jim, il ne faut pas ĆŖtre fĆ¢chĆ©, il faut ĆŖtre diplomatique. Compris, Jim ? Sans Ƨa, il ne voudrait jamais retourner vĆ©lo en l'oeuvre, et alors ? Jim, et alors ? Je suis trĆØs trĆØs fĆ¢chĆ©, Molly. J'ai juste volĆ© monsieur Jock l'Ć©ventraille. Monsieur Joe, vous avez vu, vĆ©lo ? Vous avez nommĆ© vĆ©lo notre propriĆ©taire ? Mais, c'est l'oeuvre, pas vĆ©lo, monsieur Joseph. Comment ? Vous avez prouvĆ©, croire, que moi et Molly avions nommĆ© vĆ©lo notre mazĆ© cottage de adorĆ© nommer l'oeuvre ? L'oeuvre, vous savez, en anglais, l'oeuvre et vĆ©lo, ce n'est pas pareil. Autrement, j'aurais prĆ©fĆ©rĆ© foot, c'est quatre lettres. Chez anglais, foot et l'oeuvre, c'est plus prĆØs que vĆ©lo. Ok, ok, vous riez, vous riez, mais Molly et moi, nous Ć©tions trĆØs vexĆ©s de dĆ©couvrir vĆ©lo, avouer que ce n'est pas pareil que l'oeuvre. Mais, vous Ć©tiez pardonnĆ©s, vous faisiez vite vite permuter cette affreuse vĆ©lo en l'oeuvre. GĆ©nial, vous permutez, c'est parfait. Je vous attendais, moi et Molly, qui est trĆØs fĆ¢chĆ©e, plus que moi, je vous assure. Que disiez-vous ? Que je mal parlais franƧais ? Pas possible, et que l'oeuvre et vĆ©lo ? Mais M. Joe, c'est moi et Molly qui nous avions dĆ©cidĆ© de ne plus parler en franƧais que franƧais. MĆŖme entre Molly et moi, dans l'intimitĆ©, depuis que nous nous avions installĆ©s dans votre midi, M. Joe, nous Ć©tions des retraitĆ©s qui voulaient se fonder parmi les franƧais, compris ? Dans l'intimitĆ©, l'intimitĆ© de l'oeuvre avouait ses plus grandes facilitĆ©s qu'amour et pas vĆ©lo. Comprenez, M. Joe, en franƧais, les anglais, retraitĆ©s comme dans les anciennes Indes, on est franƧais, compris ? Tu raccrochais trop certes, et pourquoi tu parlais de notre vieil colonel ? Je raccrochais juste comme il fallait, Molly, car il devait nous respecter. C'est nous, il ne fallait pas oublier qu'il nous donnait du travail. Il fallait garder les distances. My love, les adorĆ©s. J'ai oubliĆ© de parler franƧais, excusez, excusez, je ne peux plus jamais distraire, plus jamais. Une motte anglaise entre nous et moi, entre moi, jamais, noir. C'est une sĆ©rie de sketches. DeuxiĆØme tableau. Joe, le maƧon, travaille aux derniĆØres retouches des lettres en cĆ©ramique appareillĆ©e, sauf qu'il s'est encore trompĆ©. Au lieu de l'oeuvre ou le vĆ©lo, il a interverti en vol. Joe, Madame Jim, M. Molly, venez un peu voir Ƨa, et vous me direz si ce n'est pas joli. Peut-ĆŖtre Ć la fin du midi, il revient. Mais, mais, l'oeuvre, M. Joseph, l'oeuvre par vol. Molly, Molly, venez voir quelque chose, est-ce que tu peux faire ? J'y arrive Joe, Jim, j'y arrive. My God. Exact, Molly, exactement. Je voyais que les franƧais ne connaissent pas l'oeuvre. M. Joseph, connaissez-vous l'amour ? Joe, connaissez, connaissez, c'est l'amour que je connaissais, mais en France, nous, on le fait en plus de connaĆ®tre. Vous vous foutez de moi, M. McFarlane, vous ne connaissez pas ? L'oeuvre ou le vĆ©lo ou le vol, pourquoi pas le veau ? Comment voulez-vous que nous autres, vrais franƧais, on s'en sorte avec vous autres de pas d'ici ? Je connais mon mĆ©tier, croyez-moi, mais regardez, pour ce qui est du ciment, c'est du solide, non ? Mais l'oeuvre, autant du japonais. M. Joe, fĆ¢chez-vous pas, restons civilisĆ©s. Vous interdissez la L et lĆ , vous mettez le O. Voyez, bravo, voilĆ , on se comprenait, peuple frĆØre. Non, non, pas oeuvre, l'oeuvre, pas vĆ©lo, non. M. Joe, l'oeuvre, l'oeuvre, bravo, voilĆ , maintenant, on va buver une douaille de Absinthe pour mouiller Ƨa, et on dit, on dit arroser en franƧais, non ? Ou se l'envoyer derriĆØre la dalle, non ? On ne connaĆ®t pas ? Vous avez dit Absinthe, maison, jaculo, voyez la bouteille ? Regardez, depuis 1891. Ah, vous voulez dire pastis, c'est tout pareil, si vous voulez. Vous pouvez y aller, M. Jim, vous pouvez y aller, M. Jim, comme nous autres, on n'est pas encore entre un blendĆ© de whisky, comme chez votre compatriote, les Bloomsfields du hameau de Vernade. M. Jim, vous aimez le whisky japonais des Bloomsfields de Vernade ? C'est parfait, je voyais que vous connaissiez trĆØs bien, M. Joe, bon lit, cherchez quickly, whisky japonais blended pour M. Joe, comme chez les Bloomsfields, il disait, on arrosait Ƨa, et aprĆØs, vous voyez dans ma bureau pour payer votre dĆ©rangĆ©. Il recule. Love, merci, M. Joe, c'est absolu-trait. Molly, tu ne disais rien ? Molly, je suis s'envoyer, s'envoyer tellement Ƨa me plaĆ®t, comme toi, Jim, je disais, c'est trĆØs, j'ai rĆ©ussi, love, c'est lovelay, vĆ©lo, j'ai aimĆ© pas. TroisiĆØme tableau, bureau de Jim entre Jim et Joe. Jim, c'est ma bureau finie, M. Joe, meublĆ©, schlooms, quand il y en avait, haut de gamme, vous voyez, commandĆ© par Molly Ć Draignant. Ah, Draignant, bravo, M. Jim, c'est du pur international, j'ai compris. Jim, M. Joe, j'ai essayĆ©, j'ai apprĆ©ciĆ©, GĆ©nĆ©ral De Gaulle, ayez bien prononcĆ©, franƧais, je vous ai compris. Non, eh bien, moi, M. Joseph, on ne s'Ć©tait pas compris avec vĆ©lo, mais pour la maƧonnerie, vous ĆŖtes trĆØs artistique, les andouilles, les peintures, les carrelages, je disais Ć Molly, combien on vous est une artiste... M. Joseph, Joe, faisant le tour de la bibliothĆØque, mais M. Jim, mais je vois que vous collectionnez notre littĆ©rature. Prends un tintin, vous lisez Ƨa dans le texte, Jim, je lisais Ƨa, mais oui, direct, clair, en franƧais, moi, M. Joseph, Tintin, je l'adorais, Captain Haddock, je me rĆ©galais. Ah, Ƨa, mais Tintin, mais c'est ma Bible, M. Jim, Jim, c'est pas possible, Bible, mais M. Joe, permettez-moi de m'appeler Joe, je me bouleversais d'aimer la mĆŖme littĆ©rature, eh bien, en cas que Ƨa fure, vous connaissez, je l'adorais, cette femme. On m'aurait dit, Ƨa, Ƨa m'embouche, M. Jim, Tintin, vous, Tintin, en anglais, Tintin, pas Tintine, Tintin, Tintine, j'adorais, et Dupont-Dupont, c'est si franƧais, et vous savez, Molly, il est trĆØs, trĆØs amourieux, ce petit chien malou. Et dites-moi, M. Joe, que pensez-vous du gĆ©nĆ©ral Alcazar et Tournesol, votre Einstein, ah, celui-lĆ , et le colonel Spohn, mais je l'adorais, M. Joe, je l'adorais vraiment, et c'est la fin lampionne. Et dites-moi, le gĆ©nĆ©ral Tapioca et Benji, que caractĆ©risez-vous ? Molly, Molly, Molly apparaissait, qu'est-ce qu'il y a, Jim ? Tintine, quoi, quoi est Tintine ? Mais, mais, Molly, regardez, M. Joseph, il est fanatique de Tintine. Molly, c'est vrai ? Vous aimez Tintine ? Reportez, mais c'est merveilleux, M. Joe. Jim, mais, je viens de te le dire, Molly, il aimait Milau, ce petit dog. Vous aussi, Mme Jim ? Pardon, Mme Molly, dans toute ma vie, je n'ai aimĆ© que deux petits chiens littĆ©raires, Milou et... Taisez-vous, taisez-vous, M. Joe, Milau, et je parierai que c'est... Ah non, vous n'allez pas exactement acheter Joe Ricks ? Jim, fantastique idĆ©e, fixe, vous aussi, mais c'est magnifique, j'adorais la petite dog du Grosse ObĆ©lix traduite en anglais, vous savez, comment, M. Joe ? Mais bien sĆ»r que je sais. Mais, mais, Mme Molly, mais voyons, c'est le classique du classique dans le bĆ©aba, voyons. Ah, Jim, ah ah, je voyais que vous hĆ©sitiez, vous passez, venez, Joe. Vous vous trompez, M. Jim, dogmatics. Ah, vous voyez, Jim, je suis Ć©merveillĆ©. Tu entends, Molly ? MĆŖme en anglais, il s'est dog, dogmatics, Ƨa va de soi. Et dites-moi, M. Joe, le petit cat de Falbalet, vous savez ? Il y a un chat angole, je ne vois pas. Molly, tu voyais, il sait qu'il n'y a pas de cat chez les FranƧais. Eux, ils voyaient que c'est les dogsmatics, idĆ©e fixe, et nous anglais, ils nous regrettaient qu'ils n'ont pas pensĆ© Ć catics ou miaouics ou pics pour le si fĆ©minine Falbalex. Joe, ah, l'appel Falbala, Jim, joli, joli, FranƧais, de tragicomics. Je suis, j'Ć©tais Hugh Darzo, je dessinais un tout petit catics ou miaouics pour mademoiselle Falbalex. Joe, en effet, c'est une Ć©vidente mĆ©prise, on pourrait dire culturelle, mais quand toute la bande des ObĆ©lix Ć bras raccourcis et tous les autres se calcinent avec vous autres, anglais, Hugh Darzo et l'autre, noir. QuatriĆØme tableau. Salon des McFarlane. Jim et Jolie feuillent cheminĆ©, Molly feuillent cheminĆ©, Jim dans un fauteuil, Molly serre le thĆ©, ils veuillent ĆŖtre illustrĆ©s. Molly, voulez-vous, Jim, un, comment ils disaient, les FranƧais, pour l'absence, Monsieur Mayouche tarte Ć pommes, il disait, giclette. Yes, mademoiselle, une giclette de water, juste pour dĆ©layer cette taille. Molly, pas water, Jim, aho, Jim, c'est vrai, je m'ai oubliĆ©, aho, et juste une petite nuage de milk, pas milk, Jim, c'est vrai, je m'ai oubliĆ©, ils ne faisaient pas faiblir sur l'anglais franƧais, toi et moi, dans l'intimitĆ©. Juste me laisser aller, ils me laissaient aller, Molly, je disais, voulez-vous le nuage de lait ? Jim, avec joie et main, Molly adorait, donnez-moi juste aprĆØs le lait une baiser, Molly. AprĆØs tout ce qui s'est passĆ© cette matinĆ©e, et hier et jeudi, mais Jim, vous Ć©tiez inlassable pour ce que je ne voulais pas savoir dire en franƧais. Molly, mais Molly, j'ai envie de vous chatouiller. Quelle retraitĆ©e vivante nous Ć©tions chez les franƧais, non ? Alors, pas chatouiller ? Molly, vous croyez de vivre avec Constant Philippe ? Jim, ah, je, je, moi, pourquoi ? Il paraĆ®t qu'il Ć©tait juste un petit peu un king dont Constant un peu obsĆ©dĆ©. Jim, moi obsĆ©dĆ©, Molly, vous me plaisez comme jamais ? Venez embrasser, moi. Mike, my queen, adorĆ©, non, non, vous voulez, alors, je continue avec les pieds nickelĆ©s, Molly. Lisez, lisez, Jim, vous approfondissez votre bagage franƧais. Moi, je tricotais prĆØs du feuille, vous lisez. Quoi plus retraitĆ©e anglaise en France que comme une nouille qui tricotait et lisait franƧais ? Elle tricote, il lit, silence. Jim, rien en douce, derriĆØre sa tasse de thĆ©. Molly, vous riez, vous riez, Jim, pourquoi vous gardez, vous seul, ce que vous, comment il disait ses franƧais, ce qu'il vous nĆ©guait, Jim ? C'est trĆØs humoristique pour des franƧais. Je lisais les pieds nickelĆ©s, je adorais ce bon dessinĆ© trĆØs philosophique de la siĆØcle arriĆØre. Les pieds nickelĆ©s, ils avaient une clinique, Molly, une clinique, mais oui, pour soigner, c'Ć©tait des escroqueries bien forcĆ©es de la siĆØcle arriĆØre, je le disais. Et ils soignaient en escroquerie. Et, suggĆ©rez-vous, Molly, ils arrivaient, les clientĆ©s, et ce clientĆ© du clinique, il dit, t'obĆ©is, j'ai une verge solidaire, il fallait vite, vite que vous le trucidez pour me guĆ©risser. What ? Vous disiez une verge ? Qu'est-ce que c'est ? Verge, verge, cherche dans un dictionnaire franco-anglais. Exactement, solidaire, tapez warm, Molly. Ah, voilĆ , en franƧais, c'est solitaire, Jim. ThĆ©, pas dĆ©, solitaire. Et alors, j'ai dit, vous m'Ć©gayez, la pierre nickelĆ©e dĆ©guisĆ©e en TobĆ©, Bill disait, attendez, ils sortaient, ils revenaient avec le bocal, ils attrapaient du bocal une verge solidaire naturalisĆ©e, ils disaient, ouvrez la bouche et vous avalez cette verge solitaire. Du bocal, de la bocaille comme Ƨa, votre verge ne serait plus du tout solidaire. Un mot trĆØs chancĆ©, non ? Mais c'Ć©tait trĆØs, trĆØs vulgaire, Jim, je ne comprenais. Je croyais Molly, je ne croyais pas Molly vulgaire, non, Proust, Proust, il paraĆ®t qu'il se rĆ©galait avec les pieds nickelĆ©s. Et aussi GĆ©nĆ©ral De Gaulle et la haute prĆ©sidente Pompidou, ils trouvaient trĆØs poĆ©tique, je dis Ƨa en franƧais, dans leur journal, journal Lamonde, c'est pas tout Ć fait n'importe comme journal, qui semble presque du gauche, non ? On frappe Ć la vitre, Ć partir vers Molly et le public, que je voyais, mais c'Ć©tait Doc Avortez, notre maire de la village. Jim va ouvrir la bouche au maire, non, non, non, mais c'est la maire, quelle beautiful surprise, le maire, j'espĆØre ne pas trop vous dĆ©ranger, il a dit, Macfarlane, baise main, dear love Macfarlane, virer le poignet de main. Jim, surtout, notre lord et notre lady, chez vous, amis franƧais, nous soyons Molly et Jim du cottage love, c'est tout. Vous avez vu la jolie salamĆØque que notre Joe a cimentĆ©e Ć l'entrĆ©e ? Le maire trĆØs original, reconnaissons, j'ai vu, j'ai vu love, Jim presque Ć l'oreille du maire. Savez-vous, monsieur la maire, la derniĆØre bĆŖtise de notre Joe ? Asseyez-vous, asseyez-vous pour que je vous distraie. Je me disais, qu'a-t-il encore fait notre ivorine de Joe ? TrĆØs volontiers, plonge dans un fauteuil. ObscĆØnes, regardez, maison, jaculo, dix, huit, neuf, douze. Le maire, mais, mais, trĆØs volontiers, Ć moins que, comme chez les blindes fĆŖles de Vernade, Jim, ah, je parierais que c'est whisky japonais, ce que vous vous disiez. C'est trop dire, mais au cas où, Jim, Molly, allez chercher la bouteille de blindes fĆŖles japonais pour doc d'hĆ“te-commer. Ils dĆ©siraient, comme chez les blindes fĆŖles, de la hameau des Vernade. Le maire, oh, juste un doigt, je voulais vous faire une proposition, cher monsieur Lord, et les dix, surtout. Jim, suite, suite, appelez-moi Jim, avouez que j'ai fait une bĆŖtise, que Joe a fait une bĆŖtise comme de la bĆŖteuse. Ils avons cimentĆ© vĆ©lo au lieu de love. Le maire, vĆ©lo ? Vous dites au lieu de love ? Que voulez-vous ? Ils ont beau avoir la tĆ©lĆ©, ces paysans, mĆŖme maƧons, ils sont restĆ©s trĆØs primitifs, si ce n'est un culte. VĆ©lo, love. Pareil pour eux, sauf que vous allez rire, mes amis, seraient capables de faire l'amour avec leur vĆ©lo, tellement ils les love. Ah, vous ĆŖtes franƧais, j'ai aimĆ© votre Ć®le sans faƧon. On dit comme Ƨa en franƧais, non ? On dit comme Ƨa, comme vous dites. Restons sans faƧon, puisque vous et moi sommes des villageois du mĆŖme village, de notre vieux canton. Cher monsieur, moi, c'est Jules. Et moi, Jim. Et Molly, Molly. Et vous, Jules. TrĆØs bien, Jules. Parait que CĆ©sar a admirĆ© son suicidĆ© par sa fille, sa docteille. Merci, madame Molly. Quelle belle couleur, ce blindĆ© de japonais. Merci, merci. Juste un doigt, oui, je voulais vous faire une demande. On m'a dit, il paraĆ®t que madame Molly serait, paraĆ®t-il, cantatrice d'opĆ©ra, non ? J'ai dit, mais comment vous savez-vous quelque chose pareil ? Oh, le bruit court. Il est vrai que Molly, c'est une trĆØs connue cantatrice d'opĆ©ra de Birmingham, surtout Ćcosse. Je suis trĆØs amateur d'opĆ©ra Ć©cossais, ou d'opĆ©rettes Ć©cossaises ou autres. Figurez-vous, monsieur Jim, j'ai visitĆ© l'Ćcosse du temps où vous autres, vous Ć©tiez encore en Europe, visite professeur collĆØre des maires de France. Jim, tout courtet. Jim, pas monsieur. Nous, tu entendais, Molly ? Monsieur Dr. May, il connaissait notre Ćcosse et le Royaume-Uni. Bien, bien. Juste un peu, donc, un doigt. Alors, Jim, que pensez-vous, accepteriez-vous, l'a dit Molly, de donner un petit, Ć l'occasion de ce 14 juillet, rĆ©cital dans notre modeste mairie ? Tous nos villageois seraient transportĆ©s. Je vous le disais, je vous le disais, rĆ©citez-moi dans la mairie. Molly, quelle belle idĆ©e ! Vous pouvez, comme dans Tintin, donner le rĆ©cital Ć la chĆ¢teau de Moulinsard, exacte comme Bianca la Castafior. Vous autres anglais, vous connaissez la Castafior ? Moulinsard ? Mais c'est prodigieux. Jim, connaissez, connaissez, mais admirez surtout que Molly, elle se rĆ©fĆ©rerait quand elle chantait Ć la Bianca Castafior. C'est chez Capitaine Haddock. Mais, quelle belle surprise ! Vous, Haddock, mais quelle merveilleuse faƧon de vous intĆ©grer parmi nous autres. Tintin, savez-vous que notre gĆ©nĆ©ral de Gaulle se rĆ©fĆ©rait auprĆØs de votre Churchill Ć Tintin ? TrĆØs sĆ©rieusement, en politique, vous imaginez Ƨa, de passer de Machiavel Ć Tintin ? Jim et ObĆ©lix. Quoi ? ObĆ©lix, vous connaissez ? AstĆ©rix, quel beau rapprochement entre nos deux nations. Tintin, AstĆ©rix, ObĆ©lix, Jim et Panoramix, mais rien ne nous Ć©chappait de la culture franƧaise. Molly, elle adorait Milou. Et l'artiste Assurances Touristiques, Molly adorait, je vous garantissais qu'elle chantait aux mairies, n'est-ce pas Molly ? Molly, oh Jim, je vous essaie, mais avec un terrible trac. Ma femme adore plaisir d'amour. Ća existe en Angleterre, vous connaissez ? Plaisir de love, pas vĆ©lo. Molly chante, ne dure pas toujours. Jim, je l'aimais beaucoup, je l'adorais comme Molly, elle chantait en franƧais. Molly, Jim, mais pourquoi tu m'as interrompĆ© ? Jim, oh pardonnez, pardonnez mon Ć©chĆ©rie, je faisais les mots anglais pour quand on chantait en franƧais, mais chez les franƧais c'est trĆØs sĆ©rieux. Mais en anglais vous avez Gottschalk, non ? Molly, pas en opĆ©rette, non plus en opĆ©ra. Alors, je ne sais pas moi, pour un 14 juillet votre Gottschalk, disons, traduit en franƧais. Jim, savez-vous Molly, savez-vous que Molly a chantĆ© en anglais des opĆ©rettes franƧaises ? M. Chou, le maire, M. Chou Fleury, traduit d'Offenbach en anglais, merveilleux. Chez vous Ć Birmingham, rĆ©union des maires europĆ©ens, je vous disais du temps que vous Ć©tiez encore des europĆ©ens, Ć l'opĆ©ra de Birmingham. Jim, Chou Fleury, mais vous avez entendu Molly ? Vous avez entendu Molly ? Un vrai qui n'est pas de hasard, non ? Molly, vous avez entendu, Jules, qu'il avait Ć©tĆ© Ć Birmingham, Chou Fleury, d'Offenbach ? Mais surtout, il fallait entendre Molly dans un micado. Molly, elle chante en vocalisant. Le maire, c'est du quoi, puis-je vous demander ? Molly, Ƨa s'est passĆ© sur le pointe-extrĆ©mitĆ© du Fuji-Hama. C'Ć©tait une geisha qui s'Ć©tait faite attirer dans la neige et honi-honi-ho, c'Ć©tait son plait, qui durait toute la durĆ©e du micado, le honi-honi-ho, Jim. C'Ć©tait une succĆØs inĆ©galite. Molly dĆ©guisait en geisha, les yeux comme Ƨa, maquillĆ©s dans le diagonale, les yeux des yeux. Mais pourquoi pas, aprĆØs tout, une toute simplette marseillaise chantĆ©e en traduction anglaise par une diva Ć©cossaise dĆ©guisĆ©e en japonaise. Vous connaissez l'Ć©dit Molly ? Taratata de la patrie, sanguin pur, tralalalala. Molly, c'est fĆ©roce, chanson, faite trĆØs en arriĆØre, avec trois premiĆØres mesures du Mozart. Elle chante en quelques mesures tirĆ©es de la flĆ»te enchantĆ©e. Taratata, tatatatata, tatatalilala. J'ai adorĆ©, M. Le Maire, j'ai adorĆ©. Ah, je pourrais aussi chanter quelques paisses, je m'emmĆŖle de ThĆ©rĆ©sias, d'adorer, au Feinbach, votre petite madame franƧaise, le Maire. Rouget de Lille, Aznavour, Gainsbourg, Beetlepief, Marie Mathieu, la musique c'est la fĆŖte sans frontiĆØres, Jim. Ah, Payaf, vous savez que les critiques francophones, francophĆØles, Ć©cossais blagueraient pas, ils disaient, Molly dans mes cadeaux, Payaf anglaise, noire. CinquiĆØme tableau. Jim et Molly au coin du feu, on frappe Ć la baie. Quelle surprise, Molly, vous avez vu qui frappe au baie ? J'ai pas dĆ©civouĆ©, Jimmy, qui c'est ? Mais Molly, je riais, je riais, c'Ć©tait mademoiselle Petit Culturel du BibliothĆØque Municipal. Se levant en faisant glisser la baie. Mais quelle surprise, mademoiselle du BibliothĆØque Municipal. Un peu, effet. Un invitant l'a prĆ©posĆ© Ć la culture de prendre place dans un fauteuil. Elle a prĆ©posĆ©. Me reconnaissez-vous, monsieur Mac ? Je me suis permise, BibliothĆØque Municipale. Monsieur le maire m'a mis au courant pour le 14 juillet. Quelles savoureuses idĆ©es de mĆŖler nos deux lymes nationaux en traduction croisĆ©e. Jim. Pas de Mac, no. No Lord. Mademoiselle, juste Jim et Molly. Elle a prĆ©posĆ© Jim et Molly. TrĆØs bien, c'est notĆ©. Mais comme c'est divinement anglais chez vous, et comme c'est accueillant votre love Ć l'entrĆ©e de votre propriĆ©tĆ©, votre propriĆ©tĆ© privĆ©e, comme le dit aussi le trĆØs joli panneau sur la grille de votre portail. Ah, vous avez aimĆ©, portail. Elle a prĆ©posĆ© Ć©normĆ©ment la calligraphie, mais moins le contenu. Madame, ce calligraphe franƧais de l'idĆ©e de Jim l'a prĆ©posĆ©. Je suis Mademoiselle Fanny, mais on me nomme par ma fonction Ć la mairie Mademoiselle La PrĆ©posĆ©e. Eh bien, Mademoiselle PrĆ©posĆ©e, si je vous disais que Jim et moi avons beaucoup hĆ©sitĆ© pour cette propriĆ©tĆ© privĆ©e, c'Ć©tait pour accueillir les invitĆ©s et leur dire qu'ils seraient bienvenus dans notre intimitĆ© privĆ©e, Jim. Et c'Ć©tait, comme disait Molly aussi, pour les sangliers reis. Elle a prĆ©posĆ© les quoi ? Les sangliers reis. Elle a prĆ©posĆ© les sang-quoi ? Jim. Les reis permettaient... Je m'expliquais. Vous connaissez, Mademoiselle La PrĆ©posĆ©e, que les sangliers reis Ć©taient illettrĆ©s. La PrĆ©posĆ©e, qui ? Mais je vous disais les sangliers reis. La PrĆ©posĆ©e, illettrĆ©s. Ah oui, d'accord, en effet, les sangliers, Ƨa va de soi. Jim. Comme ils n'Ć©taient pas lisĆ©s en franƧais, Ƨa va de soi qu'ils pouvaient entrer dans notre propriĆ©tĆ© en libertĆ©. La PrĆ©posĆ©e. En effet, Ƨa va tout Ć fait de soi. Jim. Vous me suivez. Les chasseurs, eux, ils lisaient en franƧais, non ? La PrĆ©posĆ©e. Oh, pas tous, pas tous. Jim. Alors, ceux qui lisaient, ils disaient Ć ceux qui ne lisaient que leur propriĆ©tĆ© n'Ć©tait plus vraie. Sauf pour les anglais, les franƧais intellectuels comme vous, Mademoiselle La PrĆ©posĆ©e, et les sangliers reis qui, eux, ils ne lisaient. La PrĆ©posĆ©e. En effet, c'est trĆØs astucieusement anglais, mais qu'avez-vous contre les chasseurs et qu'avez-vous pour les sangliers ? Jim. J'ai trĆØs aimĆ© votre ObĆ©lix, mais pas ce qu'il fait avec les sangliers reis. Mademoiselle La PrĆ©posĆ©e. Quoi ? Et j'ai bien entendu ObĆ©lix, vous ? Mais, Mollier et moi, nous sommes fanatiques de votre ObĆ©lix, sauf qu'il mangeait les sangliers reis. La PrĆ©posĆ©e. L'ObĆ©lix est astĆ©risque, mais vous ĆŖtes formidable. Au public. Ils se sont entrĆ©s en plein dans la sculpture. En tant que bibliothĆ©caire municipal, je suis stupĆ©fait. Petite organisation. Mais, vous le lisez dans le texte ? Mollier et Jim, d'une voix. Mais, il est dans le texte. Direct, mot Ć mot. La PrĆ©posĆ©e. Goscinny et Uderzo, deux gĆ©nies littĆ©raires, je parie qu'ils sont en train de se retourner dans leur tombe. Et tous les autres, vous connaissez ? Jim. Je n'ai pas compris. La PrĆ©posĆ©e. Mais, je ne sais pas, moi. Panoramix, IdĆ©fix, Assurance Tourix, Aganonix. Jim. Mais, c'est nos amis franƧais, des soirĆ©es, coin des feux. Je lisais, je lisais, Mollier tricotait, tricotait, je lisais, lisais. Et tous les deux, on baillait, on baillait, on se couchait, on chantait de littĆ©rature franƧaise. Sauf. La PrĆ©posĆ©e. Sauf. Je vous avouer. Sauf qu'ObĆ©lix, il mangeait les sangliers reis. Cela nous dĆ©plait. La PrĆ©posĆ©e. Allons. Mais, vous avouez quand mĆŖme que c'est bon, non ? Vous, mademoiselle PrĆ©posĆ©e, comme ObĆ©lix, vous mangez les sangliers reis. Vous entendez, Mollier ? Pas possible. Comme ObĆ©lix, chez nous, Ć©co-anglais et Ć©cossais, on ne mangeait jamais les animaux tout vivants. Mais, chez nous franƧais, c'est pour Ƨa qu'on les cuit, mais morts. C'est si bon, rĆ“ti Ć la broche, puis dĆ©coupĆ© en tranches. Evidemment, pas comme ObĆ©lix, qui va vous mordre directement dans leur cuisse. Mais, Mollier, cruelle, trĆØs cruelle. La PrĆ©posĆ©e, vous dites ? Moi, qui me dit Mollier, elle dit cruelle. J'ajoutais pas trĆØs grognolĆ©, non ? La PrĆ©posĆ©e, c'est notre terroir. Que voulez-vous ? Ć la broche, tantĆ“t farci, tantĆ“t brĆ»le de dĆ©boisage. C'est si bon. Je vous comprends. Il paraĆ®t que chez vous, tout ce qui est viande, on le fait plutĆ“t bouillir dans de l'eau mentholĆ©e, non ? Chez nous, fini de viande, Mollier. C'est trĆØs dĆ©modĆ©. Pourri, sautĆ© avec les poivrons et les laitues. C'est si bon. La PrĆ©posĆ©e, question de culture. Un 14 juillet, Ƨa serait du rabat joie. DĆ©solĆ© pour le menu. C'est pas autrement. Barbecue, saucisses gigots, poitrines de lait, marcasins sous la trouille rĆ“tie Ć la broche. Mollier, marques Ć quoi ? La PrĆ©posĆ©e, saint. BĆ©bĆ©s sangliers, si vous prĆ©fĆ©rez. BĆ©bĆ©s ? Vous mangez les bĆ©bĆ©s ? J'entendais, j'ai dit, mais mangez les bĆ©bĆ©s. La PrĆ©posĆ©e, sangliers, Madame Mollier. Mais tous les bĆ©bĆ©s sont des bĆ©bĆ©s. Faut pas exagĆ©rer, Madame Mollier. Il y a bĆ©bĆ©s et bĆ©bĆ©s. Que faites-vous des veaux sous la mer ? C'est tendre, Ƨa a goĆ»t de lait, vous pouvez pas y couper. Mollier. Vous entendez, Jim ? Mais c'est dĆ©goĆ»tĆ©, non ? Tu n'as pas dit rien, Jim. Oh, Mollier, je suis dans la hĆ©sitation intellectuelle. Pour le 14 juillet franƧais, je pensais que si c'est la traditionnelle, nous allons faire exception, nous. Non, nous ne soyons pas excrucitĆ©s franƧais, quoi. C'est pas tout comme exception pour se fonder chez les franƧais. Chez les japonais, ils mangeaient bien les dogs familiers, non ? En effet, Ƨa se dit. Leur idĆ©e fixe, leur moule Milou, mais en l'occurrence, c'est plus subtil que Ƨa. En tant que bibliothĆØre, je peux vous assurer que Ā« dog Ā» est Ā« dogme Ā» en anglais. Vous voyez ce que je veux dire ? Ā« Dogme Ā» en anglais, pour rejoindre le sens fixĆ© de l'idĆ©a chez vous. Vous voyez ce que je veux dire ? Jim a pensĆ©, je sais poser, je sais poser. Je n'ai pas pensĆ©. Ā« Dogme Ā» et Ā« idĆ©e fixe Ā», c'est trĆØs subtil, en effet. Ā« ObĆ©ir Ā» dans l'anglais, c'est comme si vous disiez Ā« obĆ©is Ā» Ć l'idĆ©e fixe de manger dans un sanglier. Je comprenais, je comprenais. Mais le bĆ©bĆ© sanglier, si on dit en franƧais, c'est Ā« vachement Ā» ? Non, on disait comme Ƨa. Ā« Vachement Ā», non, comme Jules Ć MaƧonnet, il disait aussi Ā« grognonner Ā», non ? Mais, Molly, je pensais, aprĆØs ce que j'ai entendu, que je devais enlever Ā« propriĆ©tĆ© privĆ©e Ā» sur l'entrĆ©e du critĆØre. Je pensais, Molly, Ā« Quoi tu pensais, Jim ? Ā» Je pensais qu'il fallait, si nous vivions comme les franƧais, parler franƧais, dormir franƧais, jardiner franƧais, buver franƧais, et aussi manger franƧais, nous adapter. Il fallait, je pensais, maintenant je pensais, je traiter franƧais, transformer l'Åuvre en amour, faƧon franƧais. Molly, Ā« FranƧais, franƧais ? Ā» Je voulais bien, j'ai dit, mais manger franƧais, c'est impossible. BĆ©bĆ© sanglier, bĆ©bĆ© granoyer, bĆ©bĆ© petit moineau, bĆ©bĆ© escargot, tout ce qu'il vivait, non, non, je ne pouvais pas manger bĆ©bĆ© diversitĆ©. La prĆ©posĆ©e, je suis navrĆ©, je suis dĆ©solĆ©. Alors quoi, le barbecue du 14 juillet, pas de barbecue ? Molly, Ā« Mais si, mais si, madame la prĆ©posĆ©e, lĆ©gumes grillĆ©s, et je chantais Monsieur Chouflerie, restera chez lui, le Jack Offenbach, c'est parmi noix. Ā» SixiĆØme tableau. Molly tricote, Jim lit un illustrĆ©, coin du feu paisible, le vent siffle dehors. Jim, Ā« Tu as entendu le mistrao comme il disait les franƧais ? Ā» Molly, Ā« Quoi tu disais, Jim ? Ā» Je lui disais, Ā« Mais Molly, tu serais dure d'oreille ? Ā» Molly, Ā« Mais comme tu m'as ennuyĆ©, Jim, c'est pas ma oreille, mais le mistrao comme tu disais qu'ils disaient les franƧais, les Marseillais. Ā» Sifflement du vent. Ā« Imaginez, Molly, qu'il y ait une incendie, comment on se sauver avec ce mistrao ? Ā» Molly, Ā« Pourquoi, Jim, tu m'as inquiĆ©tĆ© ? Ā» Ā« Parce que je m'ennuyais, Ƨa m'amusait de te faire inquiĆ©ter, Molly, adorĆ©e. Venez, venez sur mes genouilles, me donner le baiser, Molly, j'ai une envie de chatouiller vous, ma chĆ©rie. Ā» Molly, Ā« Jim, Jim, mais Ƨa ne vous pas suffisait, l'aprĆØs-midi, midi, dans les jambes Ć coucher, vous jamais fatiguĆ© ? Ā» RetraitĆ©, jamais fatiguĆ© quand il est passionnĆ© de son vieil fiancĆ©. Et Molly, Ā« C'est comme Ƨa, les reflĆ©tĆ©s anglais ? Ā» Molly, Ā« C'est toujours comme qu'on sort King avec Queen ? Ā» Jim, Ā« Pour changer, je vous disais que j'ai beaucoup aimĆ© comme tu avais reflĆ©tĆ© au Mary de la village cet aprĆØs-midi. Ā» God save traduite en franƧais, mĆ©langĆ© avec des Marseillaises traduites en anglais pour leur 14 juillet. Ā« C'Ć©tait comme il a dit, docteur Vorter, la mĆØre, c'Ć©tait pas du tout une foutaise. Ā» Molly, Ā« Jim, Jim, tu m'es en mieux par les franƧais, tu me dĆ©passais, Ć©merveille. Ā» Jim, Ā« Et vous, mon vieil fiancĆ©, quand vous chantez God save, mĆ©langĆ© avec les Marseillaises, vous m'Ć©merveillez, Molly, vous aussi, silence. Ā» Molly, Ā« Mais Jim, quoi vous lisez ? Ā» Jim, Ā« Ce que je lisais, c'est trĆØs trĆØs vieille bande dessinĆ©e, typique franƧais, trĆØs vieille petite paysanne franƧaise mĆ©prisĆ©e que je lisais. Je lisais, Ć©tonnĆ©, comme les franƧais mĆ©prisaient les paysannes de leur campagne. Ā» Molly, Ā« Quoi vous disez ? Ā» Jim, Ā« Campagne, imprononcable. Ā» Molly, Ā« Dictionnaire franƧais-anglais. Ā» Jim, Ā« Ah, campagne ! Ā» Molly, Ā« Je mal comprenais ce que tu disais, Jim, le mytho, il est faux. Ā» Jim, Ā« Ah, voilĆ , Paysanne, imprononcable. Ā» Tifflement du vent. Jim, Ā« Tiens, tiens, mais qui frappait le baie ? Ā» Jim, Ā« Ce chef-pompier, monsieur. Ā» Molly, Ā« Faute aux flemmes, Mary, quelle surprise ! Ā» Molly, Ā« C'est le vent, et c'est ce vent, je me surveille. Ā» Entre le pompier-chef. Chef-pompier, Ā« Excusez, monsieur le Jim, please, je passais Ć retourner Ć cause du risque de feu, Ƨa y est, pour ce Mistral, catĆ©gorisĆ© 7, vous savez comment vous comportez, bĆ©reuve, au cas où. Ā» Jim, Ā« Molly, Molly, venez, venez, Ć©coutez, monsieur chef-compagne du village, venez, il parle l'anglais. Ā» Molly entre. Jim, Ā« Oh, ah, monsieur le chef-pompier, mes hommages, Miss Lady Jim, et ce qui sont mes besoins, my best tribute, le meilleur, enchantĆ©, dĆ©lĆ©guĆ©. Ā» Molly, Ā« Oh, vous serrez pour une FranƧaise, parler anglais, j'enchantais. Ā» Pompier, Ā« Ah, il ne pouvait pas de par vous, il ne pouvait pas de par ce Mistral tourner. Est-ce l'aving sonore est en offre ? Maite alors, c'est riche chez vous, comme ameublement. Ā» Jim, Ā« C'est d'oie, indiquant un fauteuil. Je mal comprenais ce que vous disiez en anglais, mais n'ayez-vous pas gĆŖnĆ©, parlez franƧais, Molly et moi, parlez franƧais couramment, comme vous, vous voyez. Asseyez-vous, s'il vous plaĆ®t, pour tranquiller. Voulez-vous, chef Pompier, debout, standing, nous autres, comme Ć la guerre, c'est volontiers par camp de feu, il faut s'humidifier, humidifiĆ©. Absinthe, pardon, what ? Une doigt de absinthe, maison Jacoulot, mille, huit, one. Notre refus, Ƨa va chauffer. Chauffez, Ć moins que, Jim, sur le point de verser, Ć moins, au cas où, comme chez les Blumfeld, les bio-armaux des Vernades. Oh, je comprenais, Molly, Molly, allez chercher les bouteilles de blindĆ©s japonais, ils dĆ©siraient, chef Pompier, comme chez Blumfeld, de la Vernade, chef Pompier. Je sais vous pas, c'est not officiel, it is internet free, OK ? Mais juste une goutte limitĆ©e, en mission, sobriĆ©tĆ©, sobriĆ©tĆ©, une missionnette, Jim. Restez pas vertical, monsieur le chef Pompier. Prenez, j'ai insistĆ©, cette fauteuille, chef Pompier, je passe aide pour vous signifier de la subvention au cas où, au cas où le feu. Fire, compris ? Savez-vous quoi faire ? Vous savez ? Molly, my god, mon dieu, fire, c'est seriously ? Pompier, plus seriously que sĆ©rieux, c'est seriously puissance seven. S'il passe, s'il passe aide. Qui passe aide ? Mais c'est pour aimer le feu, voyons-le. Mais, pas mec, Jim et Molly. Chef Pompier, Jim et Molly, c'est notĆ© sous le casque, in the helmet linguist notified. Molly, c'est vraiment risquĆ©, disez-vous ? Chef Pompier, plus que risquĆ©, monsieur Molly. C'est avĆ©rĆ©, sans que ce soit tout Ć fait. Parmi soi, il passait de par-ci, il passait de par-lĆ , il passait de partout, puis il s'en va. Compris ? Donc, continuel vigilance aide. Jim, mais vous parlez vachement anglais, monsieur la pompiĆØre. Et vous, les franƧais, c'est vachement rare chez vous autres. Non, encore un doigt volontiers, Ƨa chauffe. Et en mĆŖme temps, Ƨa humidifie aide. L'annĆ©e derniĆØre, il est passĆ© justement par les Bernards, chez vos amis anglais, les Blums, quelque chose. Il a contournĆ© le hameau et s'est assoupi, assoupi s'aide. Ils avaient fait de mĆŖme, marchent ensemble, tous les deux. Encore un doigt, alors, Jim ? Juste un tout petit doigt de ce blond d'aide japonais. Ća chauffe, Ƨa humidifie aide par Mistral. Il n'y a pas mieux, notre c'est mieux. Et vous disiez, la feuve, il s'est assoupi s'aide ? Chef Pompier, il s'est assoupi s'aide, yes. Mais le Mistral, il s'est rĆ©veillĆ© d'aide et Ƨa y Ć©tait, paf ! Quoi, paf ? Reparti, rĆ©veillĆ©, dĆ©valĆ©, contournĆ© plus bas, sautĆ©, ressautĆ©, et paf, jusqu'Ć la mer où il s'est noyĆ©, si l'on peut dire. Drone aide, comment, quoi ? Comme quoi ? Jim, comme quoi, quoi ? Chef Pompier, thank you, juste un tout petit doigt. Comme quoi ? Il migue le feu, il n'est jamais lĆ où il est. Not the law where it is. You call me ? IntriguĆ© soudain, il se penche sur la table basse prĆØs du fauteuil, prend des revues BD. Non, c'est pas possible. Quoi, monsieur ? Jim, quoi, monsieur Chef Pompier ? Chef Pompier, mais, mais, what I read, mais, qu'est-ce qu'il lit Ƨa, ici ? You read AstĆ©rix ? J'irais, les PĆ©niclĆØs, BĆ©cassine, Lucky Luke, Poppet, les Daltons, font du propre ? Pas possible, mais, mais, I dream, la recherche en bande dessinĆ©e, Sodom et Gomorra, d'aprĆØs le mĆŖme, et you, Lady Molly, vous lisez Alceau ? Molly, mise au rante. Oh, Alceau, no, c'est, c'est Jim, il est trĆØs passionnĆ© par les bandes dessinĆ©es littĆ©raires franƧaises. J'ai tricotĆ©, et il lisait, toute la soirĆ©e, trĆØs quiĆØte. Jim. Je lisais, je lisais passionnĆ©, il est vrai, je lisais vos classiques dessinĆ©es, il me rĆ©galait, j'ai beaucoup adorĆ©, surtout Lucky Luke. Il Ć©tait un peu PompĆØre, dans Western, avec Cheval, Jolie jeune pĆØre. Il avait posĆ© son patte sur la canapĆ©. Je n'ai jamais compris cette phrase pour un cheval. Chef Pompier. Jolie jeune pĆØre, vous ĆŖtes sĆ»r de ne pas vous tromper ? Il me semble que cette phrase concernerait plutĆ“t Rentemplant, non ? Jim. Mais, c'est ClĆ©sus que vous connaissez mĆŖme, Rentemplant. Chef Pompier. Le chien le plus con du monde, mais bien voyons, si ce n'Ć©tait pas moi, qui Ƨa serait ? Je vous le demande. Ma Bible, comment vous pensez que... Cambridge. Moi, juste passer devant Lucky Luke, Rentemplant, Dalton, c'est une plongĆ©e dans un savoureux savouring anglais Ć l'amĆ©ricaine, aillez-moi, beaucoup apprĆ©ciĆ©. Quand j'Ć©tais encore tout little, c'Ć©tait Alfred le PĆØre NoĆ«l, Ƨa vous dit ? Et Bicot de la Suzy et la bande dont je ne sais plus le nom. Et au premier rĆ©veil sexuality, Betty Boops. Bien, assez cosy. En avant, les Dalton. Les Dalton du feu, pardon. Jim. Minute, minute, Monsieur Chef Pompier. Vous allez me dire qu'il n'y a pas le fire, mais Ƨa pourrait en dire secours, non ? Mon cher, you know. Et vous auriez raison, Lord Jim, Ƨa pourrait arriver, mais... D'accord, d'accord. Encore une boute de votre whisky japonais, japonais, whisky, j'apprĆ©cie. Faut reconnaĆ®tre que vous autres anglais, vous avez le sens du confort in the nature. Allez au feu, les Dalton. And the fire, go. Noir. SeptiĆØme tableau. Jim et Molly, comme d'habitude, ils lisent discrĆØtement une bande dessinĆ©e. Elles cricotent discrĆØtement aussi, coupĆ©s de lourd silence, au bout d'un trĆØs long moment. Molly. Jim, il fallait que tu me disais, tu ne t'es pas ennuyĆ©, Jim, avec les vieilles retraitĆ©es franƧaises ? Jim. Moi, ennuyĆ© ? Jamais, Molly, c'est vrai. Contraire, je m'Ć©nervais comme jamais ces franƧais. C'est un peuple trĆØs compliquĆ©. Et mĆŖme assez vicieuse avec la littĆ©rature. Molly. Et pourquoi, Jim ? Pourquoi compliquĆ©, et vicieuse avec la littĆ©rature, tu disais ? Parce qu'il Ć©tait compliquĆ© de chercher dans les bandes dessinĆ©es Ć nous Ć©nerver. On s'est servi de l'anglais pour se moquer de nous, par la littĆ©rature. Ah, moquer, tu disais, Jim ? Explique, Jim. Expliquez. Je lisais cette BD titrĆ©e Ā« It's no good Ā». Ah oui, Molly, Ā« It's no good Ā», vous disiez, Jim, Ā« bande dessinĆ©e franƧaise en anglais Ā». Je comprenais, Jim, expliquez. C'est justement exactement la raison que je me stupefactais, Molly. Pas Ā« It's no good Ā». Ā« It's no good Ā», c'est pas trĆØs sympathique, non, pour les anglais, non, Molly ? Mais on s'en foutait, Jim. Quoi ? S'en foutait, tu disais ? Tu causais franƧais comme Joe la maƧonneille, ma chĆ©rie ? Molly. Quoi, et alors ? C'est comme si j'Ć©prouvais, Jim. Non, silence, il reste songeuse. Son fric est abandonnĆ© sur ses genoux. Lui, feuillette en baillant. Molly. Silence de rĆ©flexion. Molly. Vous avez raison, Jim, je veux exprimer en anglais, juste une exprimation en anglais, mais c'est pas possible avec le franƧais. Molly adorait exprimer, exprimer. C'est vous qui vous ennuyez, je vous comprenais, bande dessinĆ©e, soit le tricotĆ©, retraitĆ© franƧais. Exprimez, Molly. Ennuyez pas tout Ć fait, mais vous permettez que je exprime en anglais ? Mais Molly, je te vois lĆ -haut. Water. Exprimez en anglais, si nĆ©cessaire. Molly. Spleen ! Quoi, Molly, je bougeais. C'est Spleen. Le seul mot et unique mot impossible de traduire en franƧais. Spleen. Molly. Yes, Spleen, dear. Si nous vivions en Angleterre, je comprenais. C'est la maladie anglaise typique, et toi, moi, Molly, c'est pour fuir cette maladie typique anglaise que nous retirer ici dans la Midi-FranƧaise. Et voilĆ qu'elle nous a suivĆ©, cette maladie anglaise typique. Molly. Oh, Jim, Jim, je te supplie de me pardonner. Jim. Tiens, tiens, qui frappait au baie ? Mais c'est mademoiselle Godelouro, la curĆ©e de la village. Se lĆØve et retrouve la baie. Entre le curĆ© habillĆ© trĆØs strict, Mao, grande croix pectorale. Le curĆ©. Je suis sĆ»r que je vous dĆ©range. N'hĆ©sitez pas le contraire, je ne vous croirai pas. Seul Gode le sait. Jim. Au contraire, au contraire, monsieur le curĆ©, comme vous tombez bien. Monsieur le, le curĆ©, Mao. Pas monsieur, pas de monsieur le curĆ© ici, en ce nouveau siĆØcle. Appelez-moi par le charmant sobriquet que me donne ma chorale. Jim. Sobriquet. Mais Molly, regardez le dictionnaire. FranƧais, anglais. What ? Elle fait le dictionnaire. Non, le curĆ©, ne vous donnez pas cette peine, madame lady. Surnom amical de mes petites ouailles. Jim. Why ? Molly, dictionnaire. Le curĆ©. Non, non, ne cherchez pas. Mes agneaux de gold, si vous prĆ©fĆ©rez. Et que, eux, vous pouvez m'appeler Mao Godot. C'est familier, hors politique. Mao n'Ć©tait pas plus homme politique que nos saints du calendrier. Il appliquait Ć la lettre tous ses gros mĆ©cocos. Silence d'amour. Silence incertain. Allons, un peu d'humour, non ? Nos contemporains sont si tristes. Jim. J'ai entendu, Mao, vous parler bien de Taichung. Silence embarrassĆ©. Absinthe, franƧais. Le curĆ©. Vous dites ? Jim. Maisons Jaculot 18 de Wann. Essayez, essayez, monsieur. J'ai demandĆ© Taichung. Le curĆ©. Pas de monsieur de mon pĆØre. Je vous redisais Mao Godot. Tout court. Ou Ć peine un peu Taichung. Ou de Zedong. Eux, comme Zedong. Thank you. C'est vous, quoi. C'est gentil. Ć part le vin de messe, juste un tout petit doigt. Merci. Jim. Au moment de verser. Vous disiez, Mao. Le curĆ©. Je disais, mais si par hasard vous aviez dĆ». Je parierais que vous. Le curĆ©. Lisez dans mes pensĆ©es. Au cas où. Ce penche-dissottement sur la table au BD. Mais, c'est qui qui lit Ƨa ? Jim. Moli. Allez chercher du whisky japonais comme chez Brunfels Ć la mot du Vernet. Je lisais bande dessinĆ©e franƧaise. Le curĆ©. Ou juste un petit doigt. C'est vous qui lisez BĆ©cassine ? Sainte petite paysanne. Un peu stupide, mais d'autant sainte. Ce whisky japonais s'enfonƧant dans un fauteuil. Comme c'est beautiful votre intĆ©rieur. Notre pompier-chef qui est trĆØs anglophile. Il prĆ©tend qu'en brise juste passer devant. J'en doute un peu. Notre pompier-chef a Ć©tĆ© vraiment charmĆ© de votre intĆ©rieur au point de m'en avoir parlĆ©. Alors, je me trouvais chez votre voisine. Jim interroguĆ©. Voisine ? Où voisine ? Quelle voisine ? Le curĆ©. Allez-y voir un peu chez eux. Mathilde dit. Ce sont des anglais assimilĆ©s qui ne parlent strictement que le franƧais. You speak French and non English, n'est-ce pas ? Jim. Moli. Vous entendez ? Il nous disait en anglais qu'il apprĆ©ciait nous parler franƧais. La curĆ© et aussi le chef pompier. Merci, merci, monsieur... Oh ! Ne vous gĆŖnez pas. Oh ! Mahogodot. Sans son tongue inutile. Silence un peu embarrassĆ©. Oui, je visitais notre sainte Marthe, votre voisine, au moment où sortait de chez vous notre pompier-chef. Quelle sainte voisine ? Quoi ? Le curĆ©. Marthe, la chevriĆØre. Jim. Vous entendez, Moli ? Voisine ? Marthe, la chevriĆØre ? Le curĆ©. Sainte Marthe, une vie entiĆØre au ras de la pauvretĆ©, si ce n'est de sous. Sans une plainte, sans jamais envier ses voisins ni rien. Je lui dis toujours, Marthe, ma pauvre Marthe. Vous, aprĆØs une vie dans la fange, vous rĆ©gnierez au paradis sur un trou de d'or, Ć la droite de notre saint pĆØre polonais de Rome. Moli. Je suis stupĆ©fait, je suis stupĆ©fait. Mais où, monsieur Mahogodot ? Sans son tongue inutile. Où vous avez dit voisine ? Le curĆ©. Mais, voyons, sous vos yeux. Comment ? Mais n'avez-vous pas remarquĆ©, au bout de votre propriĆ©tĆ©, la si modeste demeure de cette pauvre vieille ange du ciel ? Venez, venez. Il les entraĆ®ne devant l'abbĆ©. LĆ , au bout de ce champ, voyons. Pas vu, mais cette, comment vous dire, cette sorte de modeste bute que vous voyez lĆ -bas. Il dit, mais, c'est une topiniĆØre, non ? Nous aimons, Moli, et moi trĆØs beaucoup, les animaux, les souris, les taupes, les renards, les blaireaux, les sanglerets, tout ce qui Ć©tait animal, sauvage, quatre pattes. Mais jamais, Moli, et moi, nous manger ce qui vivait quatre pattes. Jamais manger. Moli. Dis, mais moi, manger rien qui vivait, et surtout pas les topĆ©es du topĆ©naire. Le curĆ©. TopiniĆØre, mais vous plaisantez. C'est le cabanon de Marthe, notre sainte chevriĆØre, voyons. Dis, cabanon, où cabanon ? C'est une topĆ©niĆØre, non ? Le curĆ©. Peut-ĆŖtre chez vous, en Angleterre, des taupes gĆ©antes, mais ici, en France, c'est un vrai cabanon typique de notre midi, Ć©chelle humaine. Dis, je me usais les oeils, et je ne voyais que topĆ©niĆØre, classique, non ? Une topĆ©niĆØre, une top classique, non ? Le curĆ©. Auriez-vous des jumelles ? Dis, jumelles, Moli, où manger jumelles ? Moli. Je suis posĆ© dans le frigidaire. Frigidaire, oui, et quelle idĆ©e, voyons. Vous confondez avec une sais-quel-chose comme lĆ©gumes, roseilles. Roseilles, jumelles, c'est pareil. Jules MaƧonnet, avec l'eau et le vĆ©lo. Confondez. Le curĆ©. VĆ©lo. Dis, absolument, il mĆ©langeait l'oeuf et le vĆ©lo. Le curĆ©. Il n'y a de l'oeuf qu'en Dieu. Petit temps. Et vĆ©lo sur piste, non ? Mais il avait confondu vĆ©lo avec l'oeuf, Jules MaƧonnet. Vous comprenez, monsieur Mahogodot ? Le curĆ©. Dieu retrouve toujours les siens. L'oeuf, vĆ©lo, lui ne mĆ©lange jamais. On pourrait dire que son oeuf, c'est le vĆ©lo de l'Ć¢me, car toute Ć©pice mĆØne finalement Ć lui. En tout cas, nous disons jumelles. Pas vĆ©lo, ni lĆ©gumes, ni frigo, afin de voir ce que vous prenez pour une taupiniĆØre. Moli, qui s'est absentĆ©, revient brandissant les jumelles. Ah, j'ai trouvĆ© si binoculaire, il fallait diser, Jim, Jim. Moli, donnez, donnez, fait le point devant l'abbĆ©. Mais, quoi, je voyais ? Moli, qu'est-ce que vous voyiez, Jim ? Mais, mais, je voyais une montagne de dĆ©chets. Je voyais des frigidaires cassĆ©s, des tĆ©lĆ©visĆ©s cassĆ©s, des pneus usagĆ©s, des saletĆ©s entassĆ©es. Merde. On disait pareil en franƧais. Non, monsieur Mahogodot, merdez. Moli, donnez, donnez, que je voyais. Mais, c'est impossible, je rĆŖvais, Jim. Le curĆ© rĆ©jouit. Ah, qu'est-ce que je vous disais ? Quelle sainte notre Marthe. Alors que tout le monde jette, elle ramasse, elle ramasse. Tout est bon pour elle, rien ne se perd. Comme nous autres, les Ć¢mes perdues. Jim, les yeux collĆ©s aux jumelles. C'Ć©tait un cauchemar, je voyais des poulets, des poulets, des lapinets, des lapinets, des canardets, et des canardets, et des ouailles, et des ouailles, et des ouailles. Tous dĆ©primĆ©s, le curĆ©. Pour cette sainte, pourquoi Dieu aurait-il fait des tĆ©lĆ©s usagĆ©s, si ce ne sont des casiers, pour que les poules y pondent et y couvrent ? Et qu'est-ce que le vieux poste de tĆ©lĆ©, entassĆ© les uns sur les autres ? H&M pour lapin, voyons. Vieux pneu, vieux bidon, vieille chaise sans pied, pied sans chaise, veau, vache, cosson, plastique. Et de toute faƧon, Ć l'arrivĆ©e, Dieu retrouve toujours les siens. Jim, les yeux toujours collĆ©s aux jumelles. Mais M. Mahogod, ce que je voyais n'est pas possible, c'est gĆ¢cher notre paysage et notre cottage noir. HuitiĆØme tableau. Molly est seule. Elle feuillait discrĆØtement une bande dessinĆ©e. Molly. Jim est au mairie pour discuter du voisinĆ©. C'est trop, c'est trop que gĆ¢cher peut-ĆŖtre notre vie. Et je m'ennuyais, ennuyais. Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas quoi faire. Is no good. Quelle idĆ©e. Elle jette la bande dessinĆ©e sur sa patte, reprend un peu son fricot, le laisse sur ses genoux, se verse une goutte de whisky bandade. Ils dĆ©sĆØvraient la pompier-chef, s'Ć©chauffait la spline. Je m'ennuyais. Ennuyais. Mais que faisait Jim ? Mais que faisait Jim ? VoisinĆ©. Ah lĆ lĆ , cet voisinĆ©. Saint-Marc-Chevrier. Comment se dĆ©barrasser de ce Chevrier ? Entre Jim par la baie. Ah ! Molly. Ah ! Jim, je m'inquiĆ©tais. Je t'attendais. Attendais. Je devenais fou. Jim. Aux mairies. Je ne supportais ce rendez-vous. Alors ? Jim. Alors ? ContrariĆ©. TrĆØs, trĆØs contrariĆ©. Molly. Fallait raconter Ć sa Molly. J'impatientais comme c'est passĆ© dans les mairies. Les FranƧais, ils Ć©taient bouchĆ©s. TrĆØs. Molly. BouchĆ©s. Comme le Ć©vier du cuisinier. BouchĆ©s. Molly. Expliquez. BouchĆ©s. Jim. BouchĆ©s. Mais vraiment bouchĆ©s. Molly. C'est mal passĆ© aux mairies ? TrĆØs. TrĆØs mal passĆ©. Le maire, ce docteur avortĆ©. Le chef PompĆ©e. Tout fait tout flamme. MĆŖme le petit culturĆ©. ComplĆØtement bouchĆ©s. Je suis trĆØs dƩƧu. DĆ©cevĆ©. Il n'est pas voulu. Il comprenait que le Topenia, c'est une dommageable pour notre cotĆ©. Mais c'est aussi pour le village. C'est Ƨa le whisky bandel. Hum. Ća chauffe le malheur. Hum. Molly. Assez buvĆ©, Jim. Un temps de perpĆ©tuitĆ©. Mais Jim. Ce n'Ć©tait pas possible de supporter ce Topenia. Nous plus dormĆ©s, insomniaux, catastrophĆ©s. Et mĆŖme buvĆ©s. Mais Jim. Mais Jim. Ce n'Ć©tait pas possible de supporter ce Topenia. Nous plus dormĆ©s, insomniaux, catastrophĆ©s. Et mĆŖme buvĆ©s. Pardon. Jim. Molly. My dear. J'augmente. J'augmente. Augmente. Mais non. Pour les FranƧais. Non. C'est niais. 5 mars ou fĆ©vrier. C'est un monument de la terreur. J'ai dit aux maires et avec tous les conseils municipaux. Pas possible. Frigidaire pourri. Cousinaire pourri. TĆ©lĆ©viseur pourri. Des modĆØles. Les plastiques et les Ć©lectroniques bousillĆ©es. Les pneus usagĆ©s. Toute la bordelle du Topenia. Molly. Bordel ? Jim. Jim. C'est une mode que j'ai appris dans la bande dessinĆ©e de Znogoud. Foutraque. Bordel. Tout pareil. Molly. Znogoud. Cette dĆ©bilitĆ© de bordel. Jim. Se qualifier le esprit franƧais chez Znogoud. Ća chauffait. Et Molly. Vous figurez la curĆ©e Marigodo. Patung. Molly. Quelle patung ? Figurait Jim. La curĆ©e Marigodo n'est pas aimĆ©e quand j'ai employĆ© bordel au Topenia du voisinage Ć la moment où je croisais devant l'Ć©glise. Qu'avez-vous contre notre Sainte-Marthe-le-Chevrier ? Il m'avait dit. Je rĆ©pondais. Tac ou tac. Elle gĆ¢chait le prĆ©sage du cotĆ©ge. Ć la village, il ne le voyait pas. Il remarquait que la Topenia, c'Ć©tait dĆ©valorisante pour la qualitĆ© de vie franƧaise, le tourisme dans la France profonde. Il voyait de notre cĆ“tĆ© que c'Ć©tait anti-Ć©cologique, anti-dynamique, anti-superlustrique, trĆØs mauvais pour les cotisations boursiĆØres franƧaises et pas les paysannĆ©s chiffres. Et eux, ils ne sont pas accrochĆ©s. Ils ne sont pas patronisĆ©s. Ils sont bouchĆ©s comme les vieux du cuisinier. J'ai dit. Mais, Jim, comment ils allaient nous faire, Jim, pour continuer de vivre avec cette Topenia du Chevrier dans le paysage ? Jim, je vais m'adresser au chef de prĆ©fecture pour qu'il redĆ©maie Ć la dĆ©sordre public et aussi Ć la sĆ©nataire de prĆ©fecture qui ne voulait dire qu'ils ne pouvaient rien faire comme cette pourriture. Molly, sĆ©nataire, bravo Jim, magnifique idĆ©e. Les vieilles saines taupes du Topenier, ce mauvais sĆ©nataire, bravo Jim, se ressent une petite goutte. Hum, Ƨa chauffe, Jim. Mollo, mollo, Molly. Molly, c'est exceptionnel Ć cause du Topenier et sĆ©nataire. Fallait la exfiltrer, dĆ©placer, dĆ©mĆ©nager. Comment il disait chez les FranƧais, lĆ où il se dĆ©chargeait de tout ce qui est vieil. Jim, regardez, Molly. Molly, regardez, nursing home. Cher fubĆ©lement dans le dictionnaire franƧais-anglais. Molly, nursing home, nursing home. Ipad. Euthanasia. Jim, il disait comme Ƨa chez les FranƧais pour se dĆ©charger des vieilles inutiles de la famille et qui encombraient qu'en fin de vie. Euthanasie, Molly. Exactly, Jim, il disait comme tu disais. Il disait, lĆ dans le dictionnaire, que dans les constitutionnaires franƧais, il fallait dĆ©gager tout ce qui est usagĆ©. Il disait, fini de vie, difficile de prononcer. Fin de vie. C'est l'argument splendide. Fini de vie. Un prononƧable mais admirable. La taupe du Topenier nous l'envoyait vers fin de vie du constitutionnaire franƧais. Sur le sol du whisky brandĆ©. Dix gouttelettes. Vous voulez une gouttelette ? Ća chauffe. Molly, Molly, venez sur genouille de ton consort amoureux. Une baiser permettait dans l'oreille juste une soupe pour fĆŖter la bonne idĆ©e. Molly, mais Jim, tu oubliais qu'elle croit que nous n'avions fait avant que nous allions au mĆ©rite pour plaider contre la taupe. Jim, pas contre, mais pour qu'elle mourait dans la confort modernisĆ©e, non ? Molly, Molly, je veux te chatouiller. Molly, Jim, Jim, non, Jim, oh non, Jim. Il l'a prise dans ses bras et tente de l'embrasser dans le cou lorsqu'on frappe Ć la baie. Jim, tiens, je voyais quelqu'un que je ne connais pas. Il fait glisser la baie, entre, une femme, l'assistante sociale. Excusez mon intrusion, mais c'est au sujet de votre voisine Martha ChevriĆØre. Je suis l'assistante sociale chef en chef de notre dĆ©partement. Je suis passĆ©e chez votre voisine, une puanteur. Des vieux chiens aveugles, des chapelets, sans parler d'elle. Mais c'est un scandale impensable dans notre France moderne. Absolument impensable, et mĆŖme, je le disais, invisageable et rĆ©gressif. Jim, Molly, vous m'entendez ? Molly, je crois que vous m'entendez. Mais, la puantĆ©, chez le ChevriĆØre, c'est puĆ©. Chez le taupe, c'est puĆ©. J'ai pas compris. Madame assistante sociale, elle disait que c'est puĆ© chez le taupe du Taupinaire. Mauvaise snif, comprenez ? Chez le ChevriĆØre, mauvaise snif, mais c'est magnifique, inespĆ©rĆ©. Jim, la pauvre femme du Taupinaire, qui vivait dans la pire misĆØre. Justement, justement, Molly et moi, vous les dĆ©posez, comme vous disiez en franƧais. Molly, plainte chez prĆ©fecture. Permettez, vous enquĆŖtez sur mon domaine. Permettez, il y aura enquĆŖte, plainte, et finalement, solution pour mettre fin Ć ce qui s'annonce comme un scandale, si ce n'est national, prĆ©fectoral, et mĆŖme europĆ©en. Jim, quasiment mielleux. Ah oui, prenez cette fauteuille, une petite doigt de, il est milleux, oui. Une petite doigt de absinthe, vous Ć©tiez le miracle que je et Molly nous attendais. L'assistante sociale, jamais en mission. Jim, juste une petite doigt de whisky blondĆ© japonais, alors. L'assistante sociale, lĆ , vous me prenez au talent d'Achille. Si c'est le mĆŖme que chez les secondaires anglais des Verdades, je ne puis dire non, bien qu'en mission. Juste une petite doigt. Jim, c'est un ami Ć nous qui nous avions suivi dans le pays. Molly, Molly, blondĆ© japonais. L'assistante sociale, figurez-vous que comme par exprĆØs, la semaine derniĆØre, j'Ć©tais en mission Ć Maud et Verdades, qui, les amis anglais, ont trĆØs joliment anglicisĆ©, enquĆŖtĆ© au sujet de leurs jardiniers crĆ©olisĆ©s. Jim, jardiniers crĆ©olisĆ©s ? L'assistante sociale, un certain migrant, migrant, trop crĆ©olisĆ©, qui s'est entamĆ© sĆ©rieusement le crĆ¢ne avec la tronƧonneuse. Vos amis contestent, mais l'entaille est bien entre les deux yeux. Vos amis contestent car ils profitent, Ć plus ou moins juste titre. Bref, j'ai juste trempĆ© mes lĆØvres dans leur brin d'aide japonais. C'Ć©tait, se rĆ©chauffer, madame, non ? L'assistante sociale, chef, appelez-moi Marie-Julie. L'assistante sociale, chef, Marie-Julie, indique l'aide des bandits japonais. L'assistante sociale, oh, juste, moins que rien. Permettez que je me pose un instant dans ce fauteuil. Ouf, cette visite chez votre pauvre voisin m'a carrĆ©ment Ć©puisĆ©. Mais comment l'a-t-on laissĆ© vieillir, mĆŖme pourrir, dans toute cette pourriture, alors que c'est un ex de la dĆ©charge ? Se penche sur la table basse. Mais, tiens, je vois que vous lisez, et de plus en franƧais. Yes, in no good. L'assistante sociale, vous ? Yes, yes. Moi, je lisais bandes dessinĆ©es franƧaises, mais Molly et moi n'avons pas aimĆ© in no good. Je prĆ©fĆ©rais Tintin, et aussi Asterix. Comment ? Quoi ? Quel beau rapprochement culturel. Tintin, Jim. Molly, elle Ć©tait amoureuse de la MaĆÆlou, cette dogue dĆ©tective, et aussi les petites dogues d'Asterix. Quelle proximitĆ©. Je comprends maintenant que vous soyez offusquĆ©s du voisinage, alors que sous vos yeux, personne Ć part vous n'avait remarquĆ© ce mouroir d'animaux tenu par une moribonde, Molly. Mais c'est merveilleux, vous avez vu Ƨa ? L'assistante sociale... Oh, juste une goutte de papier, on gourmandisait. En tout cas, c'est rĆ©glĆ© pour ce qui est de la vieille Marthe. Les pĆ¢les lui pendent au nez. Jim. Je et Molly nous Ć©tions enchantĆ©s pour ce vieil dĆ©chetterĆ© qu'elle ne plus pourrissait sous nos yeux. L'assistante sociale, rassurez-vous, je me fais fort de lui faire donner une mort douce et hygiĆ©nique Ć cette pauvre femme loin de ce bain de pourriture dans lequel elle froupit dans l'indiffĆ©rence gĆ©nĆ©rale. Il a fallu que ce soit des retraitĆ©s anglais qui... Noir. Pardon. NeuviĆØme tableau. Jim et Molly derriĆØre la baie. Jim, les yeux collĆ©s Ć ses jumelles. Jim, jubilant, excitĆ©. Molly ! Molly ! Tu voyais que je le voyais ? J'lui passe les jumelles. Ils se repasseront les jumelles. Molly, surexcitĆ© aussi. Je voyais, je supposais que toi tu voyais ce que nous voyais, ce que tu voyais, Jim. Jim, notre compagnon a beaucoup visitĆ©, depuis que l'assistante sociale nous visitait, et que le policier, et que le conseil gĆ©nĆ©ral, et du prĆ©fecture visitaient, et du sanitaire rĆ©gional, sanitaire du NAPFRAC, et de ses finies vies, du hospital, et du CIO2, et du ozone, et du gĆ©ologique chic. Jim, Jim, regardez. Voyez quelqu'un, il est arrivĆ© direct du Tocque-Niel, chez notre cottage. On frappe Ć la vitre. Jim. Qui c'est ? VĆ©tĆ©rinaire-chef. Il y a quelqu'un chez l'Ć©lĆØve ? C'est le vĆ©tĆ©rinaire-chef pour une simple signature. Jim, en trouvant la baie. Il y a, il y a deux retraitĆ©s anglais qui vivaient comme ils pouvaient. Entrez, entrez. VĆ©tĆ©rinaire-chef, juste j'entre, et je sors pour une simple petite signature au sujet de cette pauvre vieille folle de votre voisinage. VĆ©tĆ©rinaire-chef, vieille folle des voisinages. VĆ©tĆ©rinaire-chef, gĆ¢teuse jusqu'Ć l'os, aselmĆ©rĆ©e comme pas de... Simple formalitĆ©, en tant que vous, voisin direct incommodĆ©, vous pouvez bien sĆ»r ajouter les raisons qui vous ont poussĆ© Ć vous sentir incommodĆ©, la planteur, le cĆ“tĆ© dĆ©charge bien sĆ»r, et surtout, en tant qu'anglais, scandalisĆ© de l'horrible traitement des animaux. En tant qu'anglais, on sait que lĆ -bas, chez vous, les chiens, surtout, ont toujours Ć©tĆ© affinement mieux chouchoutĆ©s que les humains, non ? Molly. Les campagnĆØres, Ć l'immĆ©diat de la paysage, Ć©taient trĆØs incommodĆ©s. Mais je ne savais que que les animaux Ć©taient plus que martyrisĆ©s. Madame, petite lady, vous pouvez me croire, en tant que vĆ©tĆ©rinaire, les chiens, principalement chez elles, chiens pelĆ©s, dĆ©modĆØques, les chats, on aurait dit des rats, encore plus pelĆ©s chez elles que les chiens, les poules, chez elles, dĆ©plumĆ©es, les lapins, chez elles, je vous le dis, pas les chĆØvres, chez elles, bonnettes, Ć l'Ć©caressage, encore, toutes ces pauvres bĆŖtes aussi pitoyables qu'elles-mĆŖmes, cette vieille demeurĆ©e, qui ne pensait qu'Ć rĆ©cupĆ©rer les ferrailles, les plastiques, tous les trucs pourris qui dĆ©bordent de la dĆ©charge publique, Oh, depuis que Marie-Jolie de l'assistance est venue au Moli, on ne bougeait plus de ce baie avec les jumelles. Mais nous, par les mains de FranƧais, eh bien, buvez, et rien buvez, pardon. Le vĆ©tĆ©rinaire chef, oh, par pure politesse, une petite goutte d'eau comme en GrĆØce. Tenez, voilĆ ce fameux formulaire assignĆ©, lĆ , Ć propos des animaux maltraitĆ©s Ć votre porte, c'est rĆ©digĆ© lĆ , ce qui vous Ć©vitera d'Ć©crire lĆ -haut, c'est Ć©crit en vrai franƧais. Absinthe, maison Jacoulou 18 Ć Oannes, le vĆ©tĆ©rinaire chef, oh, juste pour arroser notre sauvetage animalier, oh, vraiment, moins que rien, Ć moins que c'est vos compatriotes du Guam ou des Vernades. Non, Ć moins que c'est... Moli, blindette japonais, chez des Vernades, encore, Moli avec la bouteille. Le vĆ©tĆ©rinaire chef, oh, rien, merci, merci. Il paraĆ®t, on m'a dit, Mme LĆ©zy, que vous nous feriez, pour le 14 juillet, un rĆ©cital Ć la mairie, pour, en quelque sorte, fĆŖter notre sauvetage animalier. Moli, je vous le disais, je vous le disais, juste mĆ©langĆ©, dimanche dernier, traduit par Jim en anglais, et le gossip de Quinn traduit en franƧais, par Jim, assez mĆ©langĆ©, avec M. Chouflerie, restĆ© chez lui, du Wotofenbach, que j'ai trĆØs adorĆ©, comme Calas, d'une bande dessinĆ©e, Bianquet, Castafiori, le vĆ©tĆ©rinaire chef. Qu'on t'ange ! Vous n'allez quand mĆŖme pas me dire ! Absolute lĆØse ! Moli adorait ces femmes, qui situaient moitiĆ© paillasse, moitiĆ© calasse, comme Moli, moitiĆ© paillasse, moitiĆ© calasse, sur le bouget et dans le paysage franƧais. On dĆ©sirait, Moli et moi, passer de la cĆ“tĆ© du Molinsard, où Catastrophe Fiore, elle chantait chez Captain Haddock. Le vĆ©tĆ©rinaire chef, merveilleux. VoilĆ bien des Anglais qui nous lisent, de vrais Anglais. Figurez-vous qu'en tant que vĆ©tĆ©rinaire, j'y soignais, je ne vous ment pas, au moins 900, 1 000 loups. Ce petit cleps, qui aprĆØs tout n'est qu'un petit fox terrier Ć poils durs, tout comme d'ailleurs, le fameux idĆ©e fixe d'ObĆ©lix. Moli, vous connaissez AstĆ©rix ? Et vous aimez l'idĆ©e fixe ? My cleps, my whatsec. Ouais, quoi cleps ? Oh, c'est un terme de mĆ©tier pour le toutou de Tintin et l'idĆ©e fixe d'ObĆ©lix. Vous qui parlez pas mal du tout le franƧais, si vous mettiez des X Ć tous les AstĆ©rix, vous seriez parfaitement intĆ©grix, ce serait parfaitement bĆ©dĆ©mix et classix. C'est Ƨa le vrai vrai franƧais, Ć©ternelix. Avec des X partout, c'est du franƧais classique en effet. Par contre, pour l'idĆ©e fixe, on dirait plutĆ“t clĆ©barix. Moli, clĆ©barix ? T'entendais, Jim ? Noir. DixiĆØme tableau. Jim et Moli debout devant la baie. Jim, les yeux collĆ©s aux jumelles. Jim. Moli ! Tu voyais ce que je voyais ? Moli. Comment tu imaginais que je voyais quand tu regardais avec les jumelles X et moins notes ? Jim. Je m'excuse X, ma vieille FranƧaise. Je m'excuse de te l'adorer X. Je lui passe les jumelles avec une certaine indiffĆ©rence. Moli. Tu toujours voyais premier, manger premier, buver premier, premier lisĆ©, premier tout premier, je moins apprĆ©ciĆ© jumelles Ć Ć©galitĆ© X. Elle fait le point. Mais ce que je voyais, pas X, Jim. Jim voulant lui reprendre les jumelles. Donnez, donnez Moli X. Moli. Ah non, Jim, tu voyais, maintenant je voyais. Pour voyer, je revendiquais l'Ć©galitĆ© X absolue. Mais, mais, ce que je voyais, si je ne pouvais pas imaginer la paix de belle X. Jim. Quoi tu voyais, Moli ? Je voyais la mer Doctoral Vortex avec chef pompier X. Tout fleurisse, tout feu fleurisse. Je voyais la chef assistante X. Je voyais l'ambulance X. La poli X et l'infirmiĆØre X. Je voyais Mao Godot avec le crucifix. Jim. Donnez, donnez. Attendez, Jim. Je voyais qu'il craignait la taupe en dehors des taupeigneurs. Elle se dĆ©battait. Et je voyais qu'elle hurlait. Il l'attachait. Il craignait la taupe. Il la jetait dans ses vieilles et attachait elle. Et elle hurlait, hurlait. Jim. Donnez, donnez. Que je voyais de mes oeils la taupe sauvĆ©e de son misĆØre vers la fin des vies. X pour le mourir dans le dignitĆ©. Moli. Taupe, eux, en premiĆØre visionnaire. Tiens, prenez, gardez les jumelles. S'Ć©loigne de l'abbĆ© et va au public. Ce que j'ai vu me remuer pour ce pauvre taupe. Je suis dĆ©solĆ©, mais trĆØs dĆ©solĆ©, tout Ć coup. Ce pauvre taupe va mourir pendant que nous, on va se rĆ©jouir. Je suis absolument navrĆ©. Et demain, c'est 14 juillet. Et je vais trop dĆ©primer la vieille taupe, elle dĆ©portĆ©e vers son fin des vies. Et que moi, Moli, je chantais. Non, non, je ne pouvais pas chanter. Pendant l'euthanasie. Jim, excitĆ©, rĆ©jouit, collĆ© aux jumelles. Moli, Moli. Je vois les ambulances qui se dĆ©marraient. Je vois les bulles d'eau d'air qui commenƧaient Ć Ć©galiser. C'est fini la trocaniĆØre. C'est merveilleux. J'imagine les restaurĆ©s. William Shakespeare, il disait comment je pouvais traduire pour les franƧais. Tout est bien qui finit bien. Fin. Applaudissements. Merci. Sous-titres rĆ©alisĆ©s par la communautĆ© d'Amara.org
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