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Listen to test by Defender009! MP3 song. test song from Defender009! is available on Audio.com. The duration of song is 37:44. This high-quality MP3 track has 993.484 kbps bitrate and was uploaded on 20 Mar 2024. Stream and download test by Defender009! for free on Audio.com ā your ultimate destination for MP3 music.










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The transcription discusses various stories and ideas related to letting go, embracing imperfections, and living in the present moment. It includes stories of a man working at an amusement park, twin sisters who lead separate lives but still have a strong bond, a little girl who counts sheep, and a man reflecting on his parents' expectations. The overall message is about finding happiness and authenticity by accepting oneself and living in the present. Je sais que certaines personnes pensent que lĆ¢cher prise, c'est monter dans un grand huit sans s'attacher. Alors, quand on leur propose de lĆ¢cher prise, tu comprends qu'ils refusent de monter dans le wagon. Car je ne sais pas si tu sais que parfois, on veut passer par exemple par l'hyper-contrĆ“le Ć l'hyper-lĆ¢cher-prise, sans comprendre qu'un juste milieu serait souhaitable, un peu comme entre l'hyper-pression et l'absence de pression. Et donc un jour, il avait fait passer en prioritĆ© un enfant en situation de handicap moteur. Il avait aidĆ© son accompagnateur Ć la faire passer de sa poussette au wagon, et je crois que c'Ć©tait la premiĆØre fois depuis qu'il Ć©tait lĆ , qu'il entendait rire si fort. Mais ce n'Ć©tait pas un rire nerveux. A chaque fois que le wagon repassait par l'arrivĆ©e pour enchaĆ®ner un autre tour, il entendait l'enfant rire aux Ć©clats. Ć la fin du troisiĆØme tour, lorsque le manĆØge s'arrĆŖta, il l'aida pour sortir et il lui dit Ā« Dis donc, je n'avais jamais entendu quelqu'un rire autant que toi. Je ne savais pas que dans le corps d'un enfant, il y avait autant de place pour y cacher autant de rire. Ā» Et l'enfant lui avait rĆ©pondu en articulant Ā« Moi, j'aime bien les manĆØges, ils me rappellent que je suis vivant. Ah bon, parce que sinon tu oublies ? Ā» Et l'enfant avait ri. Et je ne sais pas si tu sais que certaines personnes ont besoin de se pincer ou de se mettre beaucoup de pression pour se sentir vivante. Elles ont l'impression parfois que la perfection pourrait les immuniser. Cela me fait penser Ć une autre histoire, celle de ces deux sÅurs jumelles qui n'Ć©taient pas nĆ©es la mĆŖme annĆ©e. Quelques minutes d'Ć©cart avaient suffi Ć transformer un 31 dĆ©cembre en 1er janvier. Les parents Ć©taient si heureux de rencontrer leur fille et Ć cela s'ajoutaient deux jours de bonheur au lieu d'un. Certains y voyaient lĆ une belle opportunitĆ©. Quelle chance, elles ne seront pas dans la mĆŖme classe. Auront des amies diffĆ©rentes et ne seront pas comparĆ©es. D'autres semblaient un peu perturbĆ©es par cette situation. Comment allait-elle vivre ce qui ressemblait Ć une sĆ©paration ? A vrai dire, les parents ne s'Ć©taient pas posĆ©s toutes ces questions. Leurs filles avaient grandi entourĆ©es d'amour, de rire et de joie. Et malgrĆ© leurs chemins diffĆ©rents, il y avait ce lien magique qui s'Ć©tait crƩƩ entre elles. Comme si le naturel n'avait que faire des contraintes de la rĆ©alitĆ©. Les deux sÅurs n'avaient pas Ć©coutĆ© leur peur et la peur de leur entourage. D'ailleurs, la comparaison n'Ć©tait pas pour elles une source de souffrance. Elles aimaient l'idĆ©e de se ressembler sur certains points et de diffĆ©rer sur d'autres. Une fois devenues adultes, elles avaient choisi de vivre dans deux pays diffĆ©rents. Des milliers de kilomĆØtres les sĆ©paraient. Et pourtant, elles avaient souvent une pensĆ©e l'une pour l'autre. Ils savaient que l'amour rĆ©ciproque qu'elles ressentaient Ć©tait plus fort que cela. Leurs parents adoraient leur rendre visite. GrĆ¢ce Ć elles, ils voyageaient beaucoup et dĆ©couvraient de nouvelles cultures. MĆŖme s'ils leur arrivaient de faire des voyages seuls de leur cĆ“tĆ©, ils n'arrivaient pas Ć dire quelles Ć©taient leurs destinations prĆ©fĆ©rĆ©es. Les voyages Ć©taient si diffĆ©rents. Ils vivaient des choses uniques avec chacune de leurs filles. Ils aimaient aussi se retrouver rĆ©guliĆØrement, tous les quatre, dans un pays qu'ils n'avaient pas encore visitĆ©. Sur place, il y a eu plus de jeux de rĆ“les de celui qui connaĆ®t et celui qui se laisse guider. Ils plongeaient tous en douceur dans l'inconnu, en se laissant bercer par ce qu'ils n'avaient encore jamais vu. Parfois, leurs parents se demandaient comment les choses seraient aujourd'hui s'elles n'Ć©taient pas nĆ©es le mĆŖme jour. Peut-ĆŖtre qu'elles auraient Ć©tĆ© heureuses diffĆ©remment, ou peut-ĆŖtre que les choses ne se seraient passĆ©es de la mĆŖme faƧon, comme si le passĆ© importait peu sur ce qu'elles pouvaient choisir de vivre aujourd'hui. Et justement, toi aussi Christelle, tu as cette possibilitĆ© de dĆ©cider que le passĆ© a perdu son importance, tu peux rendre l'instant prĆ©sent pleinement prĆ©cieux. Et pour en revenir Ć cet agent de la circulation qui avait fait une reconversion et s'Ć©tait retrouvĆ© dans un parc d'attractions, un jour, il avait dĆ©cidĆ© de changer de mĆ©tier. En fait, pour ĆŖtre plus exact, c'est le mĆ©tier qui avait dĆ©cidĆ© de se passer de lui suite Ć une restructuration interne. Il aurait pu se sentir rejetĆ©, mais il prenait cela comme une opportunitĆ© d'essayer un nouvel emploi. Cette fois-ci, pas d'uniforme, mais un petit train touristique Ć conduire. Il commenƧa par faire un stage de conduite pour bien anticiper les virages et se familiariser avec la longueur du train qui avait six wagons. Cette fois-ci, les gens ne cherchaient pas des sensations fortes, car le train avanƧait trĆØs lentement. LĆ , ils avaient envie de prendre le temps de visiter la rĆ©gion en se laissant porter. Il a pris l'itinĆ©raire et les explications historiques qui Ć©taient liĆ©es, et au bout de cinq mois, il eut envie de changer. Il sentait bien que toutes les parties de lui n'Ć©taient pas satisfaites, mĆŖme si son employeur Ć©tait satisfait de lui. Pendant longtemps, il avait cherchĆ© Ć les satisfaire Ć tour de rĆ“le, mais maintenant il avait compris comment toutes les satisfaire en mĆŖme temps. Il choisissait d'additionner, d'ajouter, ajouter des possibilitĆ©s. Ses Ć©motions pouvaient toutes cohabiter, et ses besoins, aussi contradictoires soient-ils, pouvaient ĆŖtre satisfaits. Et surtout, il pouvait aller bien, mĆŖme si tout n'Ć©tait pas parfait. Je crois que rencontrer un public variĆ© lui avait permis d'avoir une autre perception du regard des autres. Il refusait de faire dĆ©pendre les choses d'eux. Et lĆ aussi, il trouvait le juste milieu entre n'accorder aucun crĆ©dit aux autres et leur en accorder trop. Il sentait que ce lien sociable Ć©tait important pour lui, et qu'il ne pouvait pas se moquer de l'avis des autres en espĆ©rant qu'on tienne compte du sien. Il refusait l'insignifiance de part et d'autre. C'est donc en Ć©coutant son cÅur et sa raison, qui avait la mĆŖme vision, qu'il se dirigea vers le mĆ©tier de vitreilliste. Il allait devoir faire une nouvelle formation, mais l'idĆ©e de tous ces bouts de verre, aux formes et aux couleurs diverses rĆ©unis en une seule plaque, Ć©tait un beau symbole de ce qu'il ressentait qu'il Ć©tait. J'aimerais commencer par te raconter l'histoire de cette petite fille, qui adorait compter dans sa tĆŖte les moutons au sens propre et non au sens figurĆ©. A chaque fois qu'elle se baladait Ć la campagne, elle s'arrĆŖtait devant les champs pour prendre le temps de compter conscieusement l'ensemble des animaux qui s'y trouvaient. Un jour, son pĆØre, qui ne se doutait pas de ce qu'elle faisait, lui demandant pourquoi elle ne voulait pas avancer. ā Attends, papa, je n'ai pas terminĆ© de compter tous les moutons, et il y en a beaucoup dans ce champ-lĆ . Mais pourquoi tu comptes les moutons ? J'ai toujours aimĆ© Ƨa, et en plus un jour, grand-mĆØre m'a dit que Ƨa aidait Ć bien dormir. Le pĆØre sourit. ā Tu sais, cette technique fonctionne seulement si on compte les moutons qu'on imagine dans notre tĆŖte, lorsqu'on essaye de s'endormir et que l'on n'y arrive pas. ā Ah bon ? C'est bizarre d'attendre d'avoir un problĆØme pour faire quelque chose qui nous fait du bien. Le pĆØre sourit Ć nouveau. Sa fille avait la facultĆ© de faire Ć©cho Ć cette partie de lui qui savait dĆ©jĆ que la vie pouvait ĆŖtre facile. Il partit alors un instant dans ses pensĆ©es. La facilitĆ©, la douceur, cela avait Ć©tĆ© le cas quand il avait dĆ©cidĆ© de dĆ©missionner de son travail. Alors qu'il avait pourtant auparavant espĆ©rĆ© de tout cÅur ĆŖtre pris et qu'il avait rĆ©ussi avec succĆØs l'ensemble des Ć©preuves de sĆ©lection. Les avis qu'aurait pu avoir son entourage n'avaient pas suffi Ć le freiner. Il savait que ce travail ne lui apporterait pas l'Ć©panouissement auquel il aspirait. Cela avait Ć©galement Ć©tĆ© le cas lorsque lui et sa femme avaient choisi de se sĆ©parer aprĆØs onze ans d'amour, sans cris et sans colĆØre. Et quand il voyait leur fille heureuse aujourd'hui, il Ć©tait fier que chacun ait su Ć©couter son cÅur. Oui, cet homme Ć©tait lĆ , devant ce champ, Ć sourire avec sa fille. Tu as raison, ma chĆ©rie, lui dit-il, on peut faire ce qui nous plaĆ®t tout de suite. On doit arrĆŖter de croire que le bonheur est la rĆ©compense d'une Ć©preuve. C'est quoi le bonheur alors ? Je crois que c'est l'art maintenant et peut-ĆŖtre que toi aussi, tu peux utiliser l'espace du maintenant pour faire tout de suite ce qui te ferait du bien, Ć savoir Ć©vacuer tes Ć©motions du passĆ©. Cough, cough, cough, cough, cough, cough, cough, cough, cough, cough, cough, cough, cough, cough. Mais tu pourrais mĆŖme dessiner, te le faire au fur et Ć mesure, dĆ©sormais. Et pour en revenir Ć cet agent de la circulation qui avait fait une reconversion et s'Ć©tait retrouvĆ© dans un parc d'attractions, il avait conduit un petit train touristique et fait une formation de vitreilliste. Il avait dĆ©cidĆ© d'Ć©crire une lettre Ć ses parents, dĆ©cĆ©dĆ©e depuis longtemps, et d'aller la lire sur leur tombe, le jour de son anniversaire. Cher papa, chĆØre maman, aujourd'hui j'ai 40 ans et je sens bien que le petit garƧon que j'ai Ć©tĆ© cherche encore le moyen de vous rendre fier. Je suis sans cesse Ć vouloir prouver que je suis cet homme bien que vous espĆ©riez que je deviendrais. Je fais tout pour ĆŖtre responsable, raisonnable et respectable et j'espĆØre inconsciemment que vous avez Ć©tĆ© heureux de m'avoir eu pour fils. Mais je sens aussi qu'il m'arrive d'agir pour rĆ©pondre Ć vos attentes. MĆŖme si vous n'attendez rien de moi, je me raconte que vous voudriez Ƨa. Alors aujourd'hui, par amour pour moi, pour vous, je dĆ©cide d'ĆŖtre ce que je suis, un ĆŖtre rempli de nuances, de possibles et de rĆŖves. A ce moment, il sentit un courant d'air chaud l'envelopper comme une mĆØre bien attentionnĆ©e. Il crut entendre la voix de son pĆØre lui dire, mon enfant, nous sommes les parents chanceux d'un enfant merveilleux. Nous aimions tout ce que tu es, avec tes variations et tes constantes, tes ressemblances et tes diffĆ©rences, tes peurs et ta confiance. Nous t'aimons parce que tu es toi. Et sa mĆØre ajouta, merci Ć ton Ć¢me d'avoir choisi la nĆ“tre pour comprendre Ƨa. Et bien sĆ»r, je ne sais pas exactement ce qu'il a ressenti Ć ce moment-lĆ , mais il a laissĆ© des larmes couler. Au mĆŖme moment, des gens sont passĆ©s dans l'allĆ©e avec un Ć©norme bouquet de jacintes, les fleurs prĆ©fĆ©rĆ©es de sa mĆØre. J'ignore si c'Ć©tait un hasard ou non, mais le vitreĆÆste a souri en mĆŖme temps qu'il pleurait. Les Ć©motions en lui avaient le droit de cohabiter. Et je me disais que justement, tes Ć©motions au cristal pourraient s'entendre pour faire baisser la pression, celle que tu te mets, et peut-ĆŖtre Ć©galement celle que tu mets aux autres, sans te rendre forcĆ©ment compte. Et c'est cela qui est merveilleux avec l'hypnose, c'est que cela peut agir Ć un niveau plus profond. J'aimerais te raconter l'histoire d'une vieille femme qui vivait dans une maison pas comme les autres, dans un village pas comme les autres, car ce village Ć©tait inondĆ© chaque annĆ©e. Le niveau de l'eau montait, ce qui obligeait les habitants Ć construire une autre maison sur le toit de celle qu'ils avaient. Cette femme vivait lĆ depuis toujours et elle ne voulait pas dĆ©mĆ©nager. Elle Ć©tait bien ici, elle avait tout ce qu'il lui fallait. Par exemple, dans son salon, elle avait une trappe par laquelle elle pouvait pĆŖcher des poissons, et sur son toit, elle avait un poulailler et mĆŖme un jardin potager. Et si quelque chose lui manquait, un bateau le lui apportait. Elle avait tout, sauf un petit quelque chose, quelque chose qu'elle n'arrivait pas Ć nommer, comme un vide Ć l'intĆ©rieur d'elle qu'elle n'arrivait pas Ć combler. Pourtant, je t'assure qu'elle avait essayĆ© de plusieurs maniĆØres possibles. Tout d'abord, en Ć©tant trĆØs occupĆ©e par son travail, elle avait l'impression que lorsqu'elle Ć©tait dĆ©bordĆ©e, le vide disparaissait. Mais c'Ć©tait toujours de courte durĆ©e et le vide rĆ©apparaissait. Alors, elle avait essayĆ© de remplir ses placards de vĆŖtements, de bijoux, de parfums, son caddie de nourriture, mais Ƨa n'avait pas marchĆ©. Elle avait priĆ© chaque soir pour que le lendemain, ce vide ait disparu. Mais chaque matin, quand elle se rĆ©veillait, ce vide Ć©tait toujours lĆ , un petit peu plus grand Ć chaque fois, et elle s'y Ć©tait habituĆ©e. Cette annĆ©e-lĆ , alors que nous Ć©tions au mois de mars, le niveau de l'eau avait encore montĆ©. Si elle ne voulait pas se noyer, il lui fallait construire un nouvel Ć©tage sur le toit de la maison qu'elle avait. Elle attrapa donc sa caisse Ć outils. Il faut dire qu'elle Ć©tait plutĆ“t dĆ©gourdie depuis qu'elle Ć©tait toute petite. Elle avait passĆ© beaucoup de temps dans l'atelier de son pĆØre. Elle voulait lui montrer tout ce qu'elle Ć©tait capable de faire pour qu'il soit fier d'elle. Mais son pĆØre appartenait Ć la famille Silence. Dans cette famille-lĆ , c'est pas qu'on ne parlait pas. On parlait de la pluie et du beau temps, mais jamais de ses sentiments. Tu n'aurais jamais vu un pĆØre Silence dire Ā« je t'aime Ā» Ć sa fille, Ƨa ne se faisait pas. Pourtant Dieu sait qu'elle aurait eu besoin de l'entendre. Elle avait Ć©tĆ© une fille aimĆ©e par sa mĆØre, mais celle-ci portait en permanence un visage de tristesse. Comment voulez-vous que sa fille ose ĆŖtre heureuse en ayant une maman aussi malheureuse sous les yeux ? Elle attrapa donc sa caisse Ć outils, mais celle-ci lui Ć©chappa des mains et dĆ©gringola par la trappe du salon plusieurs Ć©tages plus bas. Elle n'eut donc pas d'autre choix que d'enfiler une combinaison et de plonger profondĆ©ment dans ses maisons d'avant. Ć l'Ć©tage juste en dessous, tout Ć©tait comme elle l'avait laissĆ©. Les meubles n'avaient pas bougĆ©, ils Ć©taient juste submergĆ©s. Elle n'aimait pas revenir ici, c'Ć©tait plein de mauvais souvenirs, surtout quand elle revoyait la chambre Ć coucher et les deux tables de chevet. Car c'est ici que son mari Ć©tait dĆ©cĆ©dĆ© et elle n'avait rien pu faire pour le sauver. Si tu savais comme elle s'en voulait de n'avoir pas pu empĆŖcher la mort de venir le chercher, surtout qu'elle n'Ć©tait pas lĆ au moment où Ƨa s'Ć©tait arrivĆ©, elle s'Ć©tait sentie si triste et en mĆŖme temps honteuse de se sentir soulagĆ©e. Elle allait pouvoir revivre pour elle dĆ©sormais. La caisse Ć outils n'Ć©tant pas ici, elle dĆ©cida de plonger plus bas dans la maison d'avant. Dans cette maison lĆ , elle se rappelait de bons moments, des repas de famille ou avec des amis, mais Ć y regarder de plus prĆØs, c'est comme si elle avait toujours portĆ© un masque, un masque souriant, derriĆØre lequel se cachait une femme sensible, trĆØs sensible, qui gardait tout en elle. Tout le monde l'appelait Madame J'arrive tout de suite, parce que dĆØs qu'on avait besoin d'elle, non seulement elle rĆ©pondait prĆ©sente, mais en plus j'arrivais immĆ©diatement. Elle abandonnait dans l'instant ce qu'elle Ć©tait en train de faire pour elle, afin d'ĆŖtre utile aux autres. Pourtant elle aurait bien aimĆ© parfois qu'on lui demande comment elle, elle allait, qu'on s'intĆ©resse Ć ce qu'elle ressentait, mais tout le monde pensait qu'elle Ć©tait forte. La caisse Ć outils n'Ć©tant pas ici, elle dĆ©cida de plonger plus bas dans la maison d'avant. Dans cette maison lĆ , elle avait eu son premier enfant, un fils. Elle avait Ć©tĆ© heureuse, elle pouvait enfin offrir Ć son pĆØre le fils qu'il n'avait pas eu. Elle espĆ©rait que son fils allait pouvoir vivre la vie qu'elle n'avait pas pu vivre, qu'elle allait pouvoir Ć“ter de son chemin les souffrances qu'elle avait elle-mĆŖme rencontrĆ©es. Elle avait tellement espĆ©rĆ© ĆŖtre une mĆØre parfaite qu'elle se mettait beaucoup de pression. Et puis elle avait Ć©tĆ© contente que ce soit un garƧon. Elle s'Ć©tait dit qu'au moins personne ne lui ferait de mal comme on lui en avait fait petite. Mais Ƨa c'Ć©tait un secret dont elle n'avait jamais parlĆ© et qui s'infectait souvent au creux de son ventre. Dire qu'il aurait suffit qu'elle accueille toutes les Ć©motions qu'elle avait gardĆ©es en elle, et comme la caisse Ć outils n'Ć©tant pas ici, elle dĆ©cida de ne pas s'attarder et de plonger encore plus profondĆ©ment. Dans la maison juste en dessous, c'est lĆ qu'elle s'Ć©tait mariĆ©e. Elle avait Ć©tĆ© heureuse au dĆ©but, mais trĆØs vite elle avait constatĆ© que c'Ć©tait la petite fille en elle qui avait surtout besoin d'un papa, et que c'Ć©tait le petit garƧon en lui qui avait besoin d'une maman. Chacun avait besoin de l'autre pour guĆ©rir de ses blessures d'enfant. Mais comme un enfant ne fait pas l'amour avec son parent, il n'Ć©tait pas trĆØs Ć©panoui sur ce plan. Il aurait fallu qu'ils guĆ©rissent d'abord de leurs blessures d'enfant. La caisse Ć outils n'Ć©tant pas ici, elle dĆ©cida de plonger encore plus profondĆ©ment dans la maison d'avant. C'Ć©tait la maison de son enfance, Ć l'Ć©poque le village n'Ć©tait pas inondĆ©. Tout autour de la maison, il y avait des forĆŖts dans lesquelles elle construisait des cabanes et s'amusait. La caisse Ć outils Ć©tait forcĆ©ment ici. Elle redĆ©couvrit la chambre qu'elle avait quand elle Ć©tait petite fille. Tout Ć©tait comme dans ses souvenirs, la mĆŖme tapisserie, les mĆŖmes draps sur le lit. Et sur le lit justement, il y avait la petite fille qu'elle avait Ć©tĆ©, allongĆ©e sur le lit, la tĆŖte dans l'oreiller en train de pleurer. Mais bien sĆ»r, c'Ć©tait ses larmes qui avaient tout inondĆ©. Comme le robinet d'une baignoire restait ouvert toutes ces annĆ©es, une hĆ©morragie de tristesse qui ne s'arrĆŖtait jamais. La vieille femme ferma le robinet et prit dans ses bras la petite fille qu'elle avait Ć©tĆ©, en lui demandant pourquoi est-ce qu'elle pleurait. Ā« Je pleure Ć cause de mon placard. Ā» Ā« Ah bon ? Mais qu'est-ce qu'il y a dans ton placard ? D'aprĆØs toi qu'est-ce qu'il doit y avoir dans le placard d'une petite fille ? Ā» Ā« Il doit y avoir des jeux, des rires, des rĆŖves, des joies, mais il n'y a pas tout Ƨa dans mon placard Ć moi. Ā» La vieille femme se leva, ouvrit le placard et constata qu'effectivement il n'y avait ni jeux, ni rires, ni rĆŖves, ni joies. Il y avait des cartons, avec marquĆ© dessus tristesse de maman, colĆØre de papa, peur de maman, perfection de papa, problĆØme de ma famille, maladie de grand-pĆØre. Ā« Mais qu'est-ce que c'est tout Ƨa ? Pourquoi il y a tout Ƨa dans ton placard Ć toi ? Ā» C'est parce que j'ai vu ma famille si malheureuse, j'aurais tellement voulu les aider. Ils Ć©taient tellement aveuglĆ©s par leur chagrin qu'ils ne voyaient mĆŖme pas que j'existais. Et je me suis dit que si je prenais sur moi leur souffrance, si je me sacrifiais, ils allaient se rendre compte de tout ce que je faisais pour eux et ils allaient pouvoir m'aimer un peu. J'ai que sept ans, mais je suis dĆ©jĆ grande. Je suis un peu devenue la maman de mes parents. Ils peuvent compter sur moi. Mais c'est drĆ“lement fatigant d'ĆŖtre responsable de la vie de ses parents quand on a que sept ans. Mais regarde-toi, tu ne te ressembles plus. Tu Ć©tais un rayon de soleil et tu es devenu un nuage de tristesse qui pleure sans arrĆŖt. Tu n'as fait que dĆ©doubler la souffrance et tu as renoncĆ© Ć tous tes rĆŖves. Il y a toujours autant de souffrance dans leur placard Ć eux. Tu dois leur rendre et leur apprendre Ć s'en dĆ©barrasser. La petite fille rĆ©flĆ©chit toute la nuit et le lendemain matin elle alla voir sa mĆØre en lui disant Ā« Maman, parce que je t'aime, j'avais pris sur moi toutes tes souffrances pour te soulager, mais c'est trop lourd et trop chargĆ© d'angoisse. Je prĆ©fĆØre te les rendre et que tu fasses la paix avec tout Ƨa. Ā» A cet instant, la petite fille rĆ©cupĆ©ra un sourire auquel elle avait renoncĆ©. Sa mĆØre, en la voyant sourire, se mit Ć sourire Ć©galement. Cela faisait tellement de temps qu'elle n'avait pas vu heureuse son enfant. Puis elle alla sur la tombe de son pĆØre et elle lui dit Ā« Papa, malgrĆ© tout ce qu'il s'est passĆ©, tu es mon pĆØre, mais je te rends ce qui t'appartient. Ā» A cet instant, elle entendit la voix de son pĆØre qui lui disait pour la premiĆØre fois Ā« Ma fille, je t'aime. Pardonne-moi. Pardonne-moi de n'avoir pas Ć©tĆ© un pĆØre parfait. Pardonne-moi de ne pas t'avoir donnĆ© tout l'amour et les encouragements que tu mĆ©ritais, mais sache que je suis fiĆØre de toi. Je suis fiĆØre de la femme que tu es devenue. Je suis fiĆØre d'ĆŖtre ton pĆØre. Ā» Cela lui fit tellement de bien d'entendre cela qu'elle se sentit remplie d'amour. Elle peut rĆ©cupĆ©rer ses rires, ses joies, ses jeux et tous les rĆŖves qu'elle avait mis de cĆ“tĆ©. Et je me disais que toi aussi, tu pourrais descendre dans les maisons du passĆ© pour aller retrouver la petite fille que tu as Ć©tĆ©, l'aider Ć accueillir ses Ć©motions et Ć guĆ©rir de ses blessures. Et pour terminer avec cet agent de circulation qui avait fait une reconversion, s'Ć©tait retrouvĆ© dans un parc d'attractions, avait conduit un petit train touristique, fait une formation de vitreilliste, avait Ć©crit une lettre Ć ses parents. Il Ć©tait ensuite rentrĆ© chez lui avec l'envie de disposer les choses autrement. AprĆØs avoir tournĆ© les meubles et la dĆ©coration dans tous les sens, il avait fini par tout installer comme il y a sept ans quand il l'avait emmĆ©nagĆ©. C'Ć©tait comme si les choses qu'il avait dĆ©jĆ aimĆ©es lui apportaient toujours autant de bien-ĆŖtre. Finalement, il n'avait pas vraiment envie de changer. Ses valeurs Ć©taient toujours les mĆŖmes, il tournait en rond parce qu'il Ć©tait proche de celui qu'il avait toujours Ć©tĆ©. Un ĆŖtre merveilleux. Et je ne sais pas si tu as remarquĆ© que beaucoup de personnes cherchent Ć changer et Ć s'Ć©loigner de ce qu'elles sont, alors que le bonheur est justement dans l'apprĆ©ciation d'ĆŖtre qui l'on est dĆ©jĆ . Et parfois, la pression retombe quand on cesse de vouloir faire autrement que comme on est et que comme on ferait intrinsĆØquement. Alors peut-ĆŖtre que ton inconscient pourrait maintenant faire les rĆ©glages nĆ©cessaires pour faire baisser la pression, pour retenir une pression idĆ©ale. Et s'il souhaite que tu t'imagines heureuse dans les heures qui viennent et sentir que cet Ć©tat de bien-ĆŖtre perdure, c'est parfait. Le bien-ĆŖtre provisoire d'une sĆ©ance d'hypnose laisse souvent place au bien-ĆŖtre durable. Et si ton inconscient prĆ©fĆØre, il peut progressivement te ramener Ć la rĆ©alitĆ© ou le faire plus rapidement. Il fera au mieux pour toi en rĆ©unissant toutes les parties de ton ĆŖtre, ici et maintenant. Et quand tu le voudras, tu pourras rĆ©ouvrir les yeux.
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